A un mois de la présidentielle, le choléra semble se stabiliser en Haïti
A un mois jour pour jour des élections législatives et présidentielle, tout est fait en Haïti pour endiguer le choléra, qui a déjà fait 305 morts selon un nouveau bilan, et déterminer l'origine de cette épidémie qui provoque la colère des habitants.

Source photo : Nicholas Kamm [AFP]
Des patients à l'hôpital de Petite Rivière le 28 octobre 2010

Source photo : Nicholas Kamm [AFP]
Carte d'Haïti situant les départements touchés par le choléra

Source photo : AFP
L'épidémie de choléra en Haïti a fait 305 morts, a indiqué jeudi le ministère de la Santé haïtien, soit 13 décès de plus que le bilan communiqué la veille, tandis que 502 hospitalisations supplémentaires ont été enregistrées, soit 4.649 au total.
Ce bilan montre une certaine stagnation du nombre de nouveaux morts par rapport au précédent, qui évoquait huit nouveaux décès, et des nouvelles hospitalisations toujours nombreuses. Mercredi, 535 hospitalisations supplémentaires avaient été enregistrées.
Face à l'afflux de patients, de nombreux hôpitaux sont surchargés et les patients parfois soignés à même le sol, comme dans un hôpital de Saint-Marc, à environ 100 km au nord de Port-au-Prince, dont la maternité de cinq lits guère équipée pour traiter le choléra accueillait 300 patients.
Situation semblable à l'hôpital Charles Colimon de Petite-Rivière, une petite localité rurale dont les habitants dépendent étroitement de l'Artibonite, un fleuve infecté par le choléra.
Sol, couloirs, tentes installées autour de l'établissement: les 400 malades occupaient jeudi chaque recoin disponible. Entre les lits, des hommes en combinaisons jaunes passaient en diffusant un produit désinfectant sur le sol.
"Le problème c'est que nous n'avons qu'une ambulance pour toute la région, et que nous entendons dire qu'il y a beaucoup de malades qui ne peuvent pas rejoindre l'hôpital", a expliqué le Dr Waking Jean-Baptiste, qui fait la liaison entre le personnel local et les équipes de Médecins sans frontières (MSF).
En République dominicaine, au Pérou, en Colombie, au Venezuela ou encore en Equateur, des alertes épidémiologiques ont été lancées depuis mardi en particulier à destination des postes frontaliers, des ports et des aéroports afin de renforcer la surveillance des voyageurs et les mesures sanitaires.
Une dizaine de jours après l'apparition de la bactérie tueuse, des rumeurs circulent dans le pays sur l'origine de l'épidémie, qui reste un mystère, et font un lien avec l'aide étrangère, incriminant particulièrement des soldats népalais de l'ONU.
Du personnel de MSF a ainsi été attaqué mardi soir à coups de pierres à Saint-Marc par quelque 300 manifestants craignant que l'afflux de patients ne propage l'épidémie.
Le directeur général du ministère de la Santé haïtien, Gabriel Thimoté, a indiqué jeudi que des analyses avaient permis de déterminer que le premier cas de choléra avait été enregistré "à Grand Boucan dans le département du Centre". Le plus grand nombre de décès a néanmoins été constaté dans le département de l'Artibonite, le long du fleuve du même nom, à Drouin et Grande Saline, a-t-il précisé.
"Paradoxalement l'épidémie a commencé dans le Centre mais ce n'est pas là qu'on a découvert le plus grand nombre de cas", a déclaré M. Thimoté à la presse.
Interrogé sur l'origine de l'épidémie, il a précisé que le choléra avait pu venir d'un porteur sain, haïtien ou étranger. Il a aussi annoncé que de nouvelles analyses avaient été commandées pour déterminer cette origine.
![]() | Source AFP modifié le 29/10/2010 |













