Accident vasculaire cérébral : urgence absolue !
Le 04/08/2010 Ã 15:29
Comme pour l'infarctus, l'accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence absolue. Également appelé attaque cérébrale, il survient lorsque le sang n?irrigue plus correctement une zone du cerveau. Il s'agit le plus souvent d'un caillot qui obstrue une artère, parfois de la rupture d'un vaisseau.
De quoi s’agit-il ?
L’accident vasculaire cérébral (AVC) représente la 3e cause de mortalité dans les pays occidentaux, la 2e cause de lésions neurologiques invalidantes (après la maladie d’Alzheimer) et la 1er source de handicaps physiques acquis chez l’adulte. Chaque année en France, 150.000 personnes sont victimes d’un AVC.
L’accident fait suite à l’obstruction d’un vaisseau qui transporte le sang jusqu’au cerveau. Or mal oxygénées, les cellules cérébrales sont rapidement lésées. Le type de séquelles dépend de la région touchée (troubles de la mémoire, difficultés à parler ou à écrire, paralysie partielle ou complète…). La gravité des séquelles est fonction de l’étendue cérébrale qui a été privée d’oxygène. Le risque de décès est de 20 à 30% environ durant le premier mois qui suit l’accident mais le risque vital perdure au-delà. En fait, c’est la rapidité de la prise en charge qui conditionne la gravité de l’accident. Plus on intervient tôt, moins les lésions cérébrales seront importantes, d’où l’importance de connaître les symptômes qui annoncent un AVC.
Quels sont les signes annonciateurs d’un AVC ?
· Engourdissement brutal d’un seul côté du corps. Il peut s’agir d’une perte de sensibilité soudaine d'un bras, d'une jambe, voire d’un côté du visage.
· Étourdissement, vertige.
· Perte d'équilibre et de coordination.
· Diminution brutale ou perte de la vue, notamment d'un seul œil.
· Troubles de l'élocution, confusion.
· Maux de tête intenses,
· Vomissements…
Ces symptômes doivent amener à contacter les urgences, même s’ils sont indolores ou temporaires.
Comment réagir ?
Appelez immédiatement le Samu en composant le 15 ou le 112. Idéalement, il faudrait pouvoir intervenir dans les 3 heures qui suivent les premiers symptômes pour éviter les conséquences les plus graves de l’AVC : lorsqu’une artère cérébrale est bouchée, chaque minute qui s’écoule s’accompagne d’une destruction de 2 millions de neurones !
À noter que même si les signes finissent par disparaître ou par s’atténuer, il est indispensable de réaliser des examens : le risque de récidive est élevé.
Quel est le traitement d’un AVC ?
Les patients sont dirigés dans une unité neurovasculaire. Le traitement de référence consiste en l’injection intraveineuse d’une substance qui va dissoudre le caillot et ainsi rétablir le plus vite possible l’irrigation du cerveau. Cette technique permet d’obtenir une guérison dans 40% des cas, mais à la condition d’initier l’injection moins de trois heures après le début des premiers symptômes de l’AVC.
Une équipe française (Pr Amarenco à l’hôpital Bichat à Paris) a obtenu jusqu’à 60-70% de guérisons grâce à un nouveau protocole.
Après avoir initié le traitement classique (injection du médicament par voie intraveineuse), un micro cathéter est introduit dans l’artère et remonté jusqu’au caillot afin de délivrer directement au contact de celui-ci la substance dissolvante. Si nécessaire, le caillot peut être enlevé via le cathéter.
Le taux de guérisons est ainsi fortement accru, mais là encore, à condition de pouvoir intervenir très rapidement, dans les 3 heures qui suivent les signaux d’alerte.
Il faut savoir que l’injection intraveineuse classique dure environ une heure, tandis que l’installation du cathéter nécessite une centaine de minutes, ces deux actes étant réalisés en parallèle.
Quelles sont les causes ?
L’AVC est plus fréquent chez les personnes de plus de 65 ans que chez les jeunes tout simplement parce que les facteurs de risques augmentent avec l’âge.
Le principal facteur de risque est l’athérosclérose (rétrécissement ou obstruction d’une artère par des dépôts lipidiques : plaques d’athérome). Les autres facteurs de risques sont : l’excès de cholestérol, l’hypertension artérielle, l’obésité, le diabète, etc. Il existe également un facteur héréditaire et des comportements favorisants, comme le tabagisme.
La prévention découle des facteurs de risques : faire surveiller régulièrement sa tension artérielle, lutter contre l’excès de cholestérol, maintenir un poids stable et si nécessaire perdre du poids, arrêt du tabac, modération de la consommation d’alcool, activité physique, etc.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : The Lancet Neurology, septembre 2009 ; Egora, 21 août 2009 ; Le Quotidien du médecin, 31 juillet 2009 ; Manuel Merck, Edition Larousse.Source image : Fotolia












