Accords sur le stress au Travail: Bertrand fera un bilan fin mars
Le ministre du Travail et de la Santé Xavier Bertrand a annoncé mardi qu'il présenterait avant la fin mars un "bilan qualitatif" des accords signés par les entreprises sur les risques psychosociaux au travail (stress, dépression, violences, etc.).

Source photo : Bertrand Guay [AFP/Archives]
"Je présenterai avant la fin mars devant le conseil d'orientation des conditions de travail (COCT) un bilan qualitatif des accords qui ont été conclus au cours des derniers mois", a indiqué le ministre lors d'un colloque sur le "Bien-être au Travail" organisé par le magazine l'Expansion.
Hervé Lanouzière, conseiller à la direction générale du Travail (DGT), a précisé que ce bilan porterait sur 230 accords sur les risques psychosociaux conclus parmi les 1.300 entreprises de plus de 1.000 salariés susceptibles de négocier.
Sans dévoiler la teneur du bilan, il a indiqué que dans 70% des cas, les accords signés étaient des accords de méthode, préambules à la mise en place de plans d'action dans l'entreprise. Le conseiller a assuré que les accords avaient "produit beaucoup plus de choses que ce qu'on imagine".
Quant à ceux qui s'étonneraient que le nombre d'accords signés soit faible, M. Lanouzière a répondu: "ce qui aurait été un échec justement, c'est qu'on ait 1.300 accords en l'espace de six mois sur les risques psychosociaux en France. Cela aurait vraiment voulu dire pour le coup que tout le monde avait signé des accords de papier sur lesquels il n'y avait rien à dire".
M. Bertrand a insisté de son côté sur le fait que les entreprises avaient "une responsabilité sociale" et a dit croire en "l'émergence d'un modèle français en ce domaine".
Le ministre a souligné qu'il souhaitait "que la France soit à terme l'un des premiers pays dotés d'une batterie d'indicateurs qui prennent en compte l'ensemble des facteurs de stress d'origine professionnelle".
Il a dit attendre "pour la première quinzaine de mars", les conclusions d'une expertise "pilotée par l'Insee sur les indicateurs nationaux de santé mentale liée au travail".
Pour Christian Larose, coauteur d'un rapport sur la question du stress au travail remis au Premier ministre en février 2010 et présent lors du colloque, la situation évolue en France, mais "il ne faut pas croire que l'affaire est gagnée".
"Il y a eu du cosmétique", estime-t-il au sujet des accords signés.
Patrick Légeron, du cabinet de conseil Stimulus, également auteur d'un rapport sur le stress remis en 2008 au gouvernement, dit lui aussi voir beaucoup d'entreprises "où la façade est belle, mais la réalité un peu moins".
"Je suis persuadé aujourd'hui que les entreprises dans leur grande majorité ne sont pas extrêmement convaincues. Beaucoup font des choses qu'elles ne faisaient pas avant, mais j'ai l'impression que c'est plus contraint qu'avec un enthousiasme débordant", affirme l'expert.
"Je crains fort qu'après une période de déni dont on sort un peu je pense, on risque d'entrer dans une période de faux-semblant", met-il en garde.
![]() | Source AFP modifié le 09/02/2011 |













