Activité physique : quand un peu suffit...
L’inactivité physique est un des principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, de cancers, de diabète, et favorise la prise de poids et l’ostéoporose. Elle doit être combattue dès le plus jeune âge. Les effets protecteurs de la pratique d’une activité physique quotidienne, en complément d’une alimentation variée, sont aujourd’hui largement reconnus. Et pourtant, plus d’un tiers de la population française adulte (34%), et particulièrement les femmes et les plus de 45 ans, n’atteint pas le niveau de base recommandé dans le Programme national nutrition santé (PNNS), qui n’est que de 30 minutes de marche rapide par jour.
Français, plutôt actifs ou sédentaires ?
L’activité physique recouvre un domaine plus large que celui de la seule pratique sportive. Elle inclut les activités professionnelles et les déplacements dans la vie de tous les jours et pendant les loisirs.
Quant à la sédentarité, elle ne correspond pas uniquement à l’absence d’activité physique, mais aussi à diverses occupations devenues habituelles, comme regarder la télévision, la lecture, utiliser un ordinateur, une voiture, téléphoner, etc.
Selon les données disponibles (Baromètre Santé Nutrition 2002), si 34% des 12-75 ans n’atteignent pas le niveau d’activité physique recommandé, il existe de grandes différences selon le sexe et l’âge. Parmi les 12-24 ans, 79% des hommes et 68% des femmes pratiquent au moins 30 minutes de marche quotidienne. Entre 25 et 44 ans, cette proportion baisse respectivement à 72% et 61%, pour n’atteindre plus que 64% et 58% entre 45 et 75 ans. Dans cette dernière tranche d’âge, seul un homme sur deux et deux femmes sur cinq exercent une activité suffisante. En moyenne, les hommes sont plus nombreux à marcher que les femmes : entre 12 et 75 ans, 87% des hommes contre 79% des femmes, marchent ou pratiquent une activité sportive régulière.
En conclusion, une personne sur trois ne marche pas l’équivalent de 30 minutes par jour, la sédentarité s’installe davantage au-delà de 45 ans et touche plus particulièrement les femmes.
Un mode de vie de plus en plus sédentaire
Télé, ordinateur et console de jeux sont devenus les « activités » phares de ce siècle, qui génèrent la sédentarité.
Tandis que l’utilisation de l’ordinateur, activité plus largement répandue chez les hommes que chez les femmes (41% contre 28%), diminue avec l’âge (52% des 12-25 ans ; 13% des plus de 54 ans), le temps moyen passé devant la télé (130 minutes par jour) ne varie pas selon le sexe, mais augmente fortement avec l’âge, passant de 93 minutes chez les 12-14 ans à 152 minutes chez les 65-75 ans.
Comment inverser la tendance ?
Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport pour avoir une activité physique. De même, inutile de miser sur l’intensité pour obtenir des avantages en termes de santé. En effet, les bénéfices sont bien plus proportionnels à la quantité, et donc à la régularité, qu’à l’intensité, ce qui offre par ailleurs davantage de possibilités pour incorporer une activité physique dans la vie de tous les jours et favoriser son suivi à long terme.
L’activité physique de référence est la marche rapide, mais d’autres exercices sont tout aussi valables en fonction des préférences, des habitudes et des possibilités de chacun. L’objectif est de l’intégrer dans le quotidien et rien n’interdit de fractionner en une ou plusieurs fois dans la journée, l’activité choisie.
A titre d’exemple, voici quelques activités physiques classées en fonction de leur niveau d’intensité :
Très faible
Augmentation du temps passé debout.
Cuisine, repassage.
Jouer d’un instrument de musique.
Faible
Marche lente (4km/h).
Petits travaux de ménage, entretien mécanique.
Pétanque, voile, golf, tennis de table (en dehors de la compétition).
Modérée
Marche rapide (6km/h).
Jardinage léger, port de charges de quelques kilos.
Danse de salon.
Vélo, natation « plaisir ».
Elevée
Marche en côte.
Bêcher, déménager.
Jogging (10km/h), saut à la corde, football, basket-ball, sports de combat.
Quelques exemples d’activités physiques quotidiennes
Prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur ou l’escalator.
Faire les trajets courts à pied plutôt qu’en voiture.
Sortir le chien un peu plus longtemps que d’habitude.
Descendre un arrêt de bus ou de métro plus tôt.
Accompagner vos enfants à l’école à pied, en marchant aussi vite qu’eux ou à vélo.
Le soir, profiter des derniers rayons de soleil pour jardiner un peu.
Profiter de la pause déjeuner pour sortir marcher une quinzaine de minutes.
Mettre plus d’énergie dans vos gestes et activités du quotidien…
Mais également :
Aller à la piscine le dimanche matin.
Programmer des promenades en forêt le week-end.
S’inscrire dans un club sportif ou de danse…
Pourquoi courir ?
Le but est de modifier nos habitudes sur le long terme et de transformer les plus sédentaires en sujets actifs. Les bénéfices à en attendre en termes de santé sont considérables et aujourd’hui largement documentés.
Pour lutter contre l’obésité
Il existe une association évidente entre l’augmentation de l’obésité et la diminution du niveau d’activité physique que l’on observe aujourd’hui dans les pays occidentaux. En mangeant davantage, et surtout mal, tout en diminuant nos activités physiques, nos apports caloriques se transforment en kilos superflus, au lieu d’être dépensés par nos activités, lesquelles s’orientent beaucoup trop vers la télé et l’ordinateur.
Un style de vie sédentaire augmente les risques de prise de poids, tandis que l’activité physique peut atténuer le gain de poids au cours du temps. De plus, l’activité physique régulière induit une diminution de la masse grasse et réduit chez l’enfant obèse les anomalies métaboliques.
La France compte aujourd’hui plus de 5,3 millions d’adultes obèses et 14,4 millions de personnes en surpoids. On note par ailleurs une augmentation de 5% par an. Parallèlement, le nombre de cas chez les enfants augmente de façon dramatique depuis quelques années (16% d’enfants en surpoids en 2000). L’obésité augmente les risques de mortalité et les risques de souffrir de plusieurs maladies (diabète, problèmes biliaires, hypertension artérielle, maladies coronaires, accidents vasculaires cérébraux, certains cancers…). Et bien sûr, l’obésité est un puissant facteur d’exclusion sociale.
Prévenir l’ostéoporose
L’activité physique est un des éléments indispensables au maintien de l’intégrité du squelette. En augmentant la densité minérale osseuse, elle réduit le risque d’ostéoporose. En effet, elle diminue le risque de fracture du col du fémur chez la femme dans une proportion allant jusqu’à 50%. C’est ainsi que l’activité physique fait autant partie de la prévention, comme de la prise en charge de cette pathologie.
L’ostéoporose, qui se caractérise par une fragilité osseuse favorisant les fractures, touche de 2 à 2,8 millions de femmes : 10% des femmes à 50 ans, 20% à 60 ans et 40% à 75 ans.
Sauver son cœur
L’inactivité est désormais établie comme un facteur aggravant majeur des maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires. Les populations sédentaires ont environ deux fois plus de risque de développer une maladie cardiovasculaire. Et plus une personne est active, moins le risque est élevé.
Les maladies cardiovasculaires sont devenues la première cause de mortalité en France avec près de 170.000 décès chaque année, dont 16.000 chez les moins de 65 ans. Elles représentent 12% des décès féminins et 16% des décès masculins.
Anticiper et traiter le diabète
Des mesures hygiéno-diététiques (modification des habitudes alimentaires et introduction de l’exercice physique) contribuent à la prévention de cette pathologie dans des populations à haut risque. Et l’effet protecteur de l’activité physique est retrouvé même pour des activités modérées de la vie quotidienne, telle la marche. Par ailleurs, dans la prise en charge du patient diabétique de type 2 (non insulinodépendant), une pratique physique régulière induit des effets favorables sur le métabolisme du glucose et sur certains facteurs de risques cardiovasculaires associés.
Entre 1,2 et 1,5 million de personnes, tous âges confondus, sont traitées contre le diabète. Par ailleurs, on estime que 250.000 personnes atteintes de diabète ne sont pas dépistées. La prévalence du diabète est bien plus importante chez les sujets obèses. Soulignons également que près de 30% des diabétiques sont atteints à long terme de complications sévères (cardiopathies ischémiques, rétinopathie – première cause de cécité, néphropathie, artériopathie des membres inférieurs, neuropathies).
Prévenir les cancers
Globalement, l’activité physique exerce un rôle protecteur sur certains cancers. Le plus documenté concerne le cancer du côlon. Une pratique importante et régulière diminue de 60% le risque de cancer du côlon, par rapport à un comportement sédentaire.
Le nombre de nouveaux cas de cancer est estimé à 240.000 par an. La probabilité d’avoir un cancer au cours de sa vie est évaluée à 47% pour les hommes (soit près d’un sur deux) et à 37% pour les femmes (plus d’une femme sur trois).

Auteur : Isabelle Eustache
Sources : INPES et MILDT












