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Agression à Grenoble: le rôle-pivot des psychologues en commissariat

 

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La psychologue du commissariat de Grenoble, qui a rencontré des victimes de la violente agression d'un jeune homme dont le principal auteur présumé s'est rendu mardi, exerce un rôle-pivot d'assistance au sein d'une institution policière plus connue pour son rôle répressif.

 

Vue prise le 17 février 2010 à Paris du hall d'accueil du commissariat du XVe arrondissement.

Source photo : Patrick Kovarik [AFP/Archives]


Dès ce week-end, à la suite de cette attaque survenue en plein centre de Grenoble, "j'ai été appelée auprès des victimes et des proches des auteurs", explique à l'AFP la psychologue Magali Chevassu.

Elle a rencontré au commissariat les amis de la victime ayant assisté à la scène, ainsi que les parents des auteurs présumés de l'agression, "désemparés par les actes de leurs enfants" âgés de 15 à 20 ans. Seuls deux reconnaissent avoir porté des coups, sans expliquer leur acharnement sur la victime.

Elle ne peut donner plus de détails en raison du secret de l'enquête autour de cette affaire partie d'une sordide histoire de cigarettes.

Comme elle, 26 autres psychologues exercent aujourd'hui en France dans le cadre de ce dispositif instauré en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, pour soutenir les victimes de violences intrafamiliales. Ces spécialistes interviennent également auprès des personnes interpellées, pour prévenir la récidive, et ont une mission de formation auprès des policiers.

Mme Chevassu évoque son rôle dans plusieurs affaires traitées depuis sa prise de fonction au commissariat de Grenoble en 2006.

Quand une femme battue lui a incidemment révélé que son mari était un important trafiquant de drogue, la psychologue est parvenue à la persuader d'aller voir la brigade des stups: "ça a pris trois mois et elle a fini par le faire", dit cette psychologue de 29 ans, payée environ 1.500 euros par mois après sept ans d'études supérieures.

Elle aide également les policiers à décrypter le comportement pathologique de certains mis en cause ou les états de sidération de certaines victimes.

Elle reçoit en moyenne 80 auteurs et victimes par mois, que ce soit une assistante maternelle ayant giflé un enfant, des femmes violées ou des proches d'un meurtrier.

"L'agression dont j'ai été victime a remis en cause ma vie toute entière. Consulter une psychologue en commissariat peut donner une forme de sécurité", témoigne ainsi une personne agressée sur son lieu de travail et suivie par Mme Chevassu.

Pour les policiers de Grenoble, la présence d'une psychologue représente un "confort de travail", leur permettant de déléguer l'accompagnement de victimes, témoigne Eric Furmanczack, de la brigade de la protection de la famille.

"Elle a trouvé sa place au sein du commissariat", confirme la directrice départementale de la sécurité publique de l'Isère, Brigitte Jullien.

Pour la secrétaire générale du syndicat des psychologues de la police, Danièle Coste, ce dispositif a toutefois ses limites, l'objectif annoncé selon elle en 2008 de 70 psychologues en commissariat n'ayant pas été atteint.

"C'est un sous-service de la police qui n'est pas reconnu car on ne nous a donné ni les moyens ni les conditions de travail", souligne Mme Coste, évoquant une psychologue parisienne contrainte d'installer son bureau dans la salle des armes du commissariat.

AFPSource AFP
modifié le 16/04/2010