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Alcoolisme : abstinence ou réduction ?

 

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Tout évolue, y compris le traitement de l'alcoolisme. En effet, la prise en charge de l'alcoolisme pourrait ne plus reposer sur la seule abstinence, mais aussi, pour certaines personnes, sur une réduction de leur consommation. Ce procédé, plus laxiste mais moins effrayant pour les personnes dépendantes, pourrait augmenter le nombre de personnes traitées.

 

 

Les spécialistes qui composent la Société française d'alcoologie y réfléchissent sérieusement. Il faut dire que l'alcoolisme est une maladie fréquente et dangereuse : 30.000 décès par an, 4 à 5 millions de buveurs à problème et 1 à 1,5 million d'alcoolo-dépendants. Au-delà des complications physiques (cirrhose, gastrite, troubles intestinaux, cardiovasculaires, etc.), les troubles psychologiques sont également problématiques (anxiété, phobies sociales, tabagisme, prise de médicaments, de stupéfiants, dépression?), avec des répercussions professionnelles, relationnelles et juridiques.

Or par déni de leur maladie et par peur que la seule et unique solution ne repose sur l'abstinence, peu de personnes dépendantes de l'alcool bénéficient d'un traitement. C'est ainsi qu?en évaluant la faisabilité d'une réduction de la consommation d'alcool au lieu de la brutale abstinence totale et à vie, on peut motiver de nombreuses personnes à envisager une prise en charge.

Certes, certains cas graves nécessiteront toujours un sevrage avec hospitalisation puis abstinence complète et à vie. Mais d'autres peuvent passer par une réduction leur permettant de décrocher et de reprendre progressivement le contrôle de leur vie. Un tel processus demande du temps afin de développer les motivations nécessaires lors d'entretiens réguliers notamment. Les rechutes sont une réalité, mais pas une raison pour abandonner tout effort face à l'emprise de l'alcool.

Cette alternative de la réduction peut ouvrir des perspectives à de nombreuses personnes. Selon les spécialistes, certains sujets peuvent garder une consommation faible, et 20% pourraient reprendre une consommation non dommageable.

En pratique, cette possibilité doit amener les personnes ayant une consommation problématique d'alcool à en parler avec leur médecin. Il est là pour aider et pour orienter à bon escient.

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Carte Blanche Santé
Auteur : Par Isabelle Eustache le 13 Décembre 2011
Source : Source:
Le Figaro, 9 décembre 2011.

Crédit image : Fotolia.com © scarletus