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Anticancéreux: Genopharm appelle à la prudence face à "l'attaque" de Riemser

 

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Le laboratoire français Genopharm, accusé par le groupe allemand Riemser d'avoir sciemment commercialisé des lots périmés d'un traitement anticancéreux, a appelé vendredi à "la plus grande prudence" face à une "attaque" émanant selon lui d'un concurrent.

 

Un enfant atteint d'un cancer

Source photo : Martin Bernetti [AFP/Archives]


Riemser, qui fabrique ce traitement appelé Thiotepa, avait annoncé jeudi le dépôt d'une plainte à Paris pour "faux et usage de faux, tromperie et falsification" contre Genopharm.

Il accuse le laboratoire français d'avoir produit un faux certificat de conformité à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) qui l'interrogeait sur la commercialisation de flacons de Thiotepa sous-dosés en principe actif. Riemser explique de son côté ce sous-dosage par le fait que les lots sont périmés.

"Les accusations lancées par la société Riemser doivent appeler à la plus grande prudence s'agissant d'une attaque d'une société qui est passée d'une qualité de fabricant-sous-traitant à celle de distributeur-concurrent", écrit le laboratoire français dans un communiqué transmis à l'AFP par son avocate, Me Joëlle Benayoun-Orliange.

"A ce jour, aucun risque d'atteinte à la santé publique comme d'ailleurs d'une efficacité moindre du Thiotepa ne sont avérés", poursuit-il.

Riemser soutient cependant que, passée la date de péremption (18 mois après la fabrication), le principe actif du médicament s'estompe progressivement, entraînant une baisse de son efficacité.

Son avocat, Me Eric Weil, a affirmé jeudi à l'AFP que Riemser pouvait prouver que ses dernières livraisons à Genopharm dataient de 2009, et que les flacons découverts au début 2011 étaient donc périmés.

Faux, a répliqué vendredi Me Benayoun-Orliange à l'AFP.

"Les dernières livraisons remontent à 2010", a-t-elle assuré.

Selon Genopharm, "la seule difficulté avérée aujourd'hui serait un problème de sous-teneur de la spécialité Thiotepa en principe actif".

"La société Laboratoires Genopharm n'intervient pas et ne peut intervenir sur la date de fabrication et partant de péremption des produits finis", écrit le groupe dans le communiqué.

"L'instruction est en cours de résolution auprès de l'Afssaps avec le concours des Laboratoires Genopharm", poursuit le texte.

Développé il y a un demi siècle, le Thiotepa, s'adresse au traitement de tumeurs solides et de cancers de l'enfant. En octobre, l'Afssaps avait fait état d'un retrait de lots de Thiopeta injectable en raison d'un "sous dosage".

Ce produit "a été remplacé en France depuis le 13 octobre par son équivalent le Tepadina du laboratoire allemand Riemser", a indiqué jeudi soir l'Afssaps.

Le directeur de l'inspection de l'Afssaps, Marc Stoltz, a affirmé à l'AFP que la "falsification des documents" certifiant les dates de péremption frauduleuses du Thiotepa avait "apparemment eu lieu en Suisse" où l'agence sanitaire Swissmedic a procédé jeudi à une nouvelle "perquisition chez Alkopharma", lié au laboratoire Genepharm.

Me Benayoun-Orliange estime que le litige avec Riemser est avant tout "commercial", affirmant que les deux laboratoires étaient concurrents pour la distribution du traitement en Italie.

"Il est certain qu'avec cette affaire, Riemser se trouve aujourd'hui sur une autoroute", a-t-elle dit à l'AFP.

AFPSource AFP
modifié le 20/11/2011