Appel à la vaccination contre une épidémie de rougeole en expansion
Pour la troisième année consécutive, les autorités sanitaires ont appelé vendredi à la mobilisation en faveur de la vaccination contre la rougeole, actuellement en pleine recrudescence.

Source photo : AFP/Archives
Alors que la semaine de la vaccination démarre la semaine prochaine (26 avril au 2 mai), la secrétaire d'Etat à la santé, Nora Berra, a lancé un "cri d'alarme" à propos de la couverture vaccinale insuffisante pour assurer le contrôle de la rougeole en pleine "flambée" épidémique.
"Nous atteignons un seuil critique, avec une partie de la population qui n'est plus immunisée contre la rougeole" et "on estime que 1,3 million d'enfants et de jeunes adultes, âgés de 6 à 29 ans, ne sont pas vaccinés", a martelé Mme Berra.
L'épidémie de rougeole, qui a débuté en France en 2008, n'a cessé de monter en puissance depuis. Une situation jugée "extrêmement préoccupante" par le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé.
Depuis 2008, plus de 14.500 cas de rougeole ont été déclarés en France. Mais la troisième vague épidémique a pris de l'ampleur au cours des premiers mois de l'année (plus 3.000 cas pour le mois de mars), dépassant les chiffres observés en 2010.
Six régions, essentiellement dans le quart sud-est de la France (Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon, Franche-Comté, Auvergne, Midi-Pyrénées) ont déclaré, sur la période octobre 2010-mars 2011, plus de 80 % des cas, selon l'InVS (Institut de veille sanitaire).
Très contagieuse - un malade peut contaminer jusqu'à 20 personnes non vaccinées -, la rougeole se répand en Europe. Mais, selon le Dr Françoise Weber, à la tête de l'InVS, la France détient un record, avec la Bulgarie, et elle est devenue "exportatrice" de rougeole vers d'autres régions du monde qui s'en sont débarrassées.
A ce jour, il y a déjà eu plus de complications notifiées pour 2011 (13 complications neurologiques et 2 décès de pneumopathies) qu'en 2010.
Cette maladie ne touche plus seulement les enfants : en 2010, plus de la moitié des malades avait plus de 14 ans et 34% plus de 20 ans, souligne l'Inpes (Institut de prévention et d'éducation pour la santé) qui organise la Semaine avec le ministère de la Santé.
En 2010, sur les 5.021 cas déclarés, près de 1.500 (29,5%) ont été hospitalisés, dont 38% étaient des enfants de moins d'un an et 46% avaient plus de 20 ans.
Dans ces groupes d'âge, les complications (pneumonies, encéphalites avec handicap irréversible) sont plus sévères, selon le Dr Thanh Le Luong, directrice générale de l'Inpes.
Selon le dernier Baromètre médecins généralistes 2009, 87,5 % d'entre eux déclarent proposer systématiquement la vaccination aux parents d'enfants de 1 à 2 ans, selon l'Inpes.
L'épidémie de rougeole profite de l'insuffisance de couverture vaccinale chez les nourrissons et de rattrapage vaccinal, laissant un nombre important d'adolescents et de jeunes adultes non immunisés. En 2010, 82% des personnes touchées par la rougeole n'étaient pas vaccinés et 13% n'avaient reçu qu'une dose de vaccin (au lieu de deux).
Les parents doivent également vérifier leur statut vaccinal, sous peine de risquer de contaminer leur progéniture.
Le sud de la France se vaccine moins que le nord, ce qui se reflète dans la diffusion géographique de la maladie, a relevé Mme Berra.
Des actions d'information (expositions, conférences...) sont prévues durant la semaine en région (www.semaine-vaccination.fr).
![]() | Source AFP modifié le 26/04/2011 |













