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Assurance maladie: les patients pas épargnés par les pistes d'économies

 

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En plein débat sur les retraites, les pistes du gouvernement pour soulager le déficit de l'assurance maladie, l'autre fardeau de la Sécurité sociale, ont commencé à filtrer dans la presse, suscitant déjà la polémique sur des mesures touchant aux remboursements des assurés.

 

Une personne présente sa carte vitale et une feuille de soins dans une antenne de la Caisse d'assurance maladie, à Paris.

Source photo : Jean-Pierre Muller [AFP/Archives]


Le directeur général de l'assurance maladie, Frédéric van Roekeghem (G) et la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le 18 septembre 2008 à Paris

Source photo : Franck Fife [AFP/Archives]


L'ampleur du plan dévoilé jeudi par les Echos --2,5 milliards d'euros d'économies en 2011-- ne constitue pas une surprise: c'est l'effort nécessaire pour respecter le cap fixé par Nicolas Sarkozy, qui veut limiter à +2,9% la hausse des dépenses de l'assurance maladie l'an prochain.

Mais le quotidien économique entre dans le détail des mesures qui seraient envisagées: elles comprennent la baisse de prix des médicaments, celle de tarifs des radiologues et des biologistes et surtout le recul de certains remboursements pour les patients.

Les médicaments remboursés à 35% par la Sécurité sociale, les "vignettes bleues", ne le seraient plus qu'à 30%. Le remboursement pour les consultations de ville (chez un généraliste notamment), passerait de 70% à 69,5%.

A l'hôpital, la franchise de 20% acquittée par les patients sur les actes ne porterait plus seulement sur 91 euros mais sur 120. Des mesures limiteraient par ailleurs les cas de transports sanitaires pris en charge à 100% pour les patients en Affection longue durée (ALD: cancer, diabète, etc).

L'ensemble des mesures touchant les patients ne constitueraient pas l'essentiel des économies (autour de 500 millions d'euros, contre plus de 600 millions sur les dépenses de médicaments ou encore 550 millions pour la maîtrise des prescriptions médicales, selon Les Echos), mais ce sont les plus sensibles.

Ce sont "des pistes de travail qui ne sont absolument pas arbitrées et que le gouvernement présentera dans les prochains jours", a dit la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, en marge d'un congrès à Lille. Le ministère du Budget, sollicité par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Le directeur général de l'assurance maladie, Frédéric van Roekeghem a décolaré qu'il faudrait "des efforts de tous" et "vraisemblablement des assurés" pour faire face au déficit de la branche maladie du régime général.

Le patron de l'assurance maladie a toutefois appelé à "garder un peu de recul" sur les mesures évoquées, qui n'ont encore rien d'officiel.

Cela n'a pas empêché de nombreuses réactions négatives.

La Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles de santé, a critiqué les mesures qui "représenteraient une dépense supplémentaire de 500 millions d'euros pour les ménages".

Les complémentaires santé, déjà touchées par une hausse de leur fiscalité, estiment qu'elles vont devoir augmenter leurs tarifs en 2011 parce qu'elles sont amenées à compléter les remboursements en baisse de la Sécurité sociale.

Le Ciss, collectif d'associations d'usagers de la santé, a dénoncé "un recul de l'assurance maladie solidaire et universelle", jugeant que le gouvernement serait plus inspiré de raboter davantage les niches sociales, comme l'a préconisé la semaine dernière la Cour des comptes.

"Cette nouvelle augmentation du reste à charge des dépenses de santé est grave car elle est continue depuis 2004", a dit la Fnath (accidentés du travail, handicapés).

Le gouvernement doit présenter le 28 septembre son Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Un effort de 2,5 milliards ne ferait que stabiliser en 2011 le déficit de la branche maladie du régime général, qui devrait atteindre cette année 13 milliards, contre un peu plus de 9 milliards pour la branche vieillesse, selon les derniers chiffres officiels.

AFPSource AFP
modifié le 18/09/2010