Accueil > Mag Santé > Ma santé > AVC, infarctus : du nouveau dans le traitement pour éviter les caillots

AVC, infarctus : du nouveau dans le traitement pour éviter les caillots

 

Ma santé

 

Des progrès importants ont été enregistrés ces 18 derniers mois dans les traitements pour éviter la formation de caillots sanguins (thromboses), responsables d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral, ont souligné des cardiologues lors du Medec.

 

L'accident vasculaire cérébral (AVC) : explication

Source photo : AFP/Infographie [AFP]


Schématiquement, on distingue deux types de médicaments antithrombotiques : les antiagrégants plaquettaires, qui empêchent les plaquettes du sang (à l'origine du caillot artériel) de s'agglutiner, et les anticoagulants, qui agissent un peu plus tard dans le processus de formation des caillots.

Médicaments clés dans les traitements des maladies cardiovasculaires, les antiagrégants plaquettaires sont utilisés en cas d'angine de poitrine/infarctus, d'AVC ou d'atteinte artérielle des membres inférieurs, a rappelé Nicolas Danchin (hôpital européen Georges Pompidou, Paris).

On estime que chaque année 200.000 à 300.000 nouveaux malades sont susceptibles de relever de ces thérapeutiques, selon Franck Paganelli (CHU Nord, Marseille).

Utilisé depuis déjà bien longtemps, l'aspirine à faible dose "reste la pierre angulaire des traitements", a souligné Jean-Philippe Collet (Pitié-Salpêtrière).

Depuis une quinzaine d'années, un autre médicament est largement utilisé en cardiologie, le clopidogrel (Plavix).

"Environ un million de Français le prennent tous les jours", a indiqué le Pr Collet. Il est prescrit à la suite d'un infarctus ou de pose de stent (angioplastie), le stent (petit ressort qui soutient la paroi de l'artère en cas de rétrécissement) pouvant favoriser la formation de caillot.

Un petit dernier vient d'arriver sur le marché, le prasugrel (Efient), "cousin-germain" du clopidogrel. Actuellement quelque 1.000 patients sont traités en France avec ce médicament, a précisé le cardiologue. Un autre, le ticagrelor, est attendu en 2011.

"On peut gager que ces nouvelles molécules vont prendre une place importante", a prédit le Pr Danchin. Leur efficacité semble "plus homogène", au sein de la population, que celle du clopidogrel, qui dépend du profil génétique du patient, a-t-il indiqué.

La difficulté pour les médecins avec les antiagrégants plaquettaires est d'obtenir une efficacité suffisante pour éviter la formation de caillots, sans risquer l'accident hémorragique.

Avec le clopidogrel, "en gros vous traitez bien un patient sur deux", a estimé le Pr Collet.

Le prasugrel est indiqué chez des patients à haut risque, avec des précautions d'emploi, en particulier chez les plus de 75 ans et les sujets de petit poids, plus sensibles au risque hémorragique, a précisé le cardiologue.

En ce qui concerne les anticoagulants, utilisés essentiellement en cardiologie chez des patients présentant des troubles du rythme, "beaucoup de molécules vont arriver sur le marché", a-t-il indiqué, citant le dabigatran.

Une bonne nouvelle pour les médecins, pour qui les médicaments anti-vitamine K utilisés aujourd'hui, sont délicats à manipuler. Ils sont efficaces, mais leur "fourchette d'efficacité est étroite", avec la nécessité d'une surveillance biologique régulière pour éviter le risque hémorragique.

Congrès français dédié aux médecins généralistes, le Medec se tient jusqu'à vendredi à Paris.

AFPSource AFP
modifié le 19/03/2010