Barack Obama lance un plan national de lutte contre le sida
Le président américain Barack Obama devait lancer mardi le premier plan national de lutte contre le sida avec la volonté de diminuer de 25% d'ici cinq ans le nombre annuel de nouvelles infections.

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Le président américain Barack Obama, le 12 juillet 2010 à Washington.

Source photo : Saul Loeb [AFP]
Outre la prévention des infections, ce programme est destiné à améliorer les soins pour les personnes atteintes du sida. Il s'agit aussi de faire en sorte que 90% des personnes infectées par le virus aient connaissance de leur maladie dans un pays où plus d'un million de personnes sont infectées.
Ce plan ne prévoit pas d'augmenter les fonds dédiés à la lutte contre la maladie aux Etats-Unis --19 milliards de dollars chaque année-- mais de mieux les utiliser.
Depuis son apparition il y a trente ans, l'épidémie de sida a causé la mort de près de 600.000 personnes aux Etats-Unis, mais l'arrivée de nouvelles thérapies permettant d'allonger la durée de vie des personnes infectées a conduit à un moindre intérêt porté à la maladie ces dernières années.
Pourtant, environ 56.000 Américains sont encore infectés chaque année et quelque 1,1 million vivent avec le virus du sida, selon les chiffres du gouvernement.
Plus d'une personne sur cinq (21%) porteuse du virus ignore qu'elle est infectée, selon les Centres de contrôle des maladies (CDC), et plus de 18.000 malades du sida meurent chaque année aux Etats-Unis.
"Notre pays est à la croisée des chemins. Nous faisons face actuellement à une épidémie domestique qui demande un engagement sans cesse renouvelé, une attention accrue de la part du public et du leadership", écrit Barack Obama dans le préambule du document décrivant ce nouveau plan, qu'il devait présenter à l'occasion d'une réception à la Maison Blanche.
Le plan vise à ce que "les Etats-Unis deviennent un endroit où les infections par le VIH sont rares", selon la Maison Blanche.
L'initiative entend aussi redresser les disparités d'accès aux soins alors que la population noire est disproportionnellement touchée: même si les Noirs ne représentent que 13% de la population américaine, ils comptent à eux seuls pour moitié (49%) dans les nouveaux cas d'infection par le VIH comme dans les cas de sida déclarés.
Selon les statistiques des CDC, un homme noir sur 16 sera infecté dans sa vie, soit six fois plus qu'un homme blanc.
La population hispanique est également plus touchée que les Blancs. Elle représente 17% des nouvelles infections comme des malades du sida alors qu'elle ne compte que pour 15% de la population américaine.
La capitale fédérale américaine Washington est un des foyers d'infection les plus importants avec un taux de prévalence de près de 3%.
A titre de comparaison, le taux d'infection à Washington, qui compte près de 600.000 habitants, est supérieur à celui de pays plus pauvres et moins développés comme le Burkina Faso ou l'Ukraine (1,6% de séropositifs dans ces deux Etats, selon le Programme des Nations unies sur le sida, l'Onusida).
Le plan de l'administration a suscité la déception de plusieurs organisations de lutte contre le sida, qui ont jugé que la Maison Blanche "en faisait trop peu et trop tard".
"Cette stratégie arrive en retard et avec peu de moyens: 15 mois à la concevoir et la Maison Blanche réalise ce que les gens sur le terrain savent depuis des mois: il n'y a pas de fonds, pas de savoir-faire, pas de leadership", affirme l'organisation AIDS Healthcare Foundation (AHF) dans un communiqué.
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