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Bébés bulle : nouvel essai de thérapie génique à l'automne

 

Enfants et Adolescents

 

Une nouvel essai de thérapie génique pour traiter des "bébés bulle", atteints d’une maladie les privant de défenses immunitaires, devrait débuter à l'automne, selon l'équipe française qui avait montré pour la première fois au monde de l'efficacité d'un tel traitement.

 

Un "bébé bulle" à l'hôpital Debrousse à Lyon, le 21 février 1989.

Source photo : Jean-Marie Huron [AFP]


En mars 1999, Alain Fischer, Marina Cavazzana-Calvo et Salima Hacein-Bey-Abina (hôpital Necker-Enfants malades-APHP, Paris/université Paris Descartes) traitaient par thérapie génique des enfants privés de défenses immunitaires.

"C'était la première fois au monde que l'on démontrait l'efficacité d'une thérapie génique dans une maladie", souligne le Pr Fisher.

Onze ans après, sept enfants pris en charge en France vont bien et mènent une vie normale. "Ils ont entre neuf et douze ans maintenant", dit-il..

Depuis la thérapie a été perfectionnée afin d'éviter les complications rencontrées aux débuts de cette aventure.

L'équipe vient de recevoir l'aval des autorités sanitaires, pour un nouvel essai clinique pour cinq enfants atteints de la même maladie, le "DICS-X". "L'essai démarrera à l'automne", indique à l'AFP le Pr Fischer. Cinq autres petits malades seront traités au Royaume-Uni, précise-t-il.

Le déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X (DICS-X) est une maladie génétique rare caractérisée par l'absence totale de cellules de défense contre les infections.

Pour survivre, les enfants atteints doivent vivre dès la naissance à l'abri dans des chambres stériles, d'où leur surnom de "bébés bulle".

Leur espoir de vie normale passe par la reconstitution de leur système immunitaire. La greffe de moelle osseuse issue d’un donneur familial compatible (idéalement frère ou soeur) est une solution, mais avec des limites (manque de donneurs, reconstitution incomplète des défenses immunitaires, risque de décès...).

C'est pourquoi en 1999, l'équipe du Pr Fischer proposait une nouvelle méthode : une thérapie génique qui consiste à insérer une copie normale du gène altéré dans l’organisme des enfants malades.

Pour cela, le gène médicament est inséré, en dehors de l’organisme, dans des cellules du patient grâce à un "vecteur viral", transporteur du gène médicament. Le "vecteur" permet au gène correcteur de s'insérer dans le génome. Les cellules ainsi corrigées sont ensuite réinjectées au patient.

Les premiers enfants traités ont pu retrouver un système immunitaire fonctionnel et échapper aux infections à répétition.

Quatre d'entre eux avaient cependant développé une leucémie, une complication du traitement, due à mauvaise insertion du vecteur viral au sein de l'ADN. Trois en ont guéri, mais un enfant est décédé.

Au final, sept enfants traités en France continuent à fabriquer suffisamment de cellules immunitaires. "A ce jour leurs taux de lymphocytes T sont vraiment très bons", note le Pr Hacein-Bey-Abina.

Les travaux, décrits dans The New England Journal of Medicine, ont reçu le soutien de l'AFM grâce aux dons du Téléthon.

AFPSource AFP
modifié le 24/07/2010