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Bertrand suspend la fermeture controversée d'un service au CHU de Créteil

 

Ma santé

 

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a annoncé mercredi la suspension de la fermeture du service de chirurgie cardiaque du CHU de Créteil (Val-de-Marne), un dossier qui alimentait une forte controverse dans le cadre de la restructuration des hôpitaux franciliens.

 

Une ambulance passe devant le service des urgences à l'hôpital de l'assistance publique (AP-HP) Henri Mondor de Créteil

Source photo : Bertrand Guay [AFP/Archives]


"La première orientation de l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, ndlr) était de fermer le service de chirurgie cardiaque de l'hôpital Henri Mondor. J'ai décidé au moment où je vous parle de suspendre cette orientation", a déclaré le ministre aux députés, lors de la séance de questions au gouvernement.

"Nous avons décidé (...) de lancer une mission" de l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) "dans les jours qui viennent de façon que l'on puisse voir exactement, de façon totalement indépendante, toute la question de la filière cardiologique, notamment sur l'AP-HP", a indiqué M. Bertrand.

La fermeture envisagée de ce service à Créteil avait déclenché une levée de boucliers non seulement parmi les personnels mais aussi parmi les élus de toutes tendances du Val-de-Marne. Ces derniers se sont émus de la fermeture du seul service de chirurgie cardiaque de l'AP-HP, hors Paris intra-muros, alors que les trois autres, situés dans la capitale, ne seraient pas touchés.

Plusieurs chirurgiens avaient également dénoncé une décision "totalement incompréhensible" alors que le CHU, rendu célèbre en 2010 par la première greffe du visage, abrite le "plus grand pôle cardio-vasculaire" d'Ile-de-France.

La fermeture d'un des quatre services de chirurgie cardiaque de l'AP-HP est inscrit dans le Schéma régional d'organisation des soins (SROS) d'Ile de France, qui prévoyait la fermeture de 4 services de chirurgie cardiaque dans l'ensemble de la région, dont un sur les quatre de l'AP-HP.

Autorité de tutelle de l'AP-HP, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, dirigée par l'ancien ministre de la Santé socialiste Claude Evin, avait choisi de fermer le service de Créteil aux motifs qu'il avait l'activité la plus faible des quatre et que la chirurgie cardiaque n'était plus une technique d'avenir.

Pour M. Evin, compte tenu de la décision ministérielle, il revient à l'AP-HP de prendre la décision de fermer un autre de ses quatre services.

"Je rappelle que j'ai un SROS à mettre en oeuvre qui prévoit la fermeture de quatre centres de chirurgie cardiaque", a déclaré à l'AFP le directeur de l'ARS, précisant que trois établissements privés ont déjà fermé ou sont en cours de fermeture et qu'il ne manquait plus que celui de l'AP-HP.

"Que l'Assistance publique travaille en son sein pour identifier le service qui doit prioritairement fermer", a ajouté M. Evin, en précisant que les trois autres hôpitaux concernés sont Georges Pompidou, la Pitié-Salpêtrière et Bichat.

Un moment en perte de vitesse, l'activité à Mondor a connu ces derniers mois une nouvelle dynamique, avec l'arrivée d'un nouveau professeur, ce qu'a reconnu M. Bertrand.

Pour Fabien Cohen, porte-parole de la coordination de défense de ce service, "la mobilisation des professionnels, des usagers et des élus dans leur grande diversité" a été payante.

AFPSource AFP
modifié le 05/05/2011