Bisphénol A: avancées prudentes vers une limitation de son utilisation
Les autorités sanitaires avancent peu à peu vers une limitation de l'utilisation des récipients alimentaires et des biberons contenant du Bisphénol A, un produit chimique suspecté de perturber le système hormonal.

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Un biberon

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Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui a rendu publiques mardi des données sur les teneurs en BPA dans les aliments, il peut y en avoir jusqu'à 17 microgrammes/kg pour les sodas et 128 microgrammes/kg pour les conserves. Pour les biberons, les valeurs sont "inférieures au seuil de détection".
La limite autorisée est actuellement fixée à 0,6 mg/kg d'aliment.
L'agence en déduit un niveau moyen d'exposition du consommateur français à environ 1 microgramme/kg de poids corporel/jour, "très inférieur" à la dose journalière tolérable (DJT) fixée à 50 microgrammes par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).
Si pour l'Afssa, ces résultats sont "rassurants", il y a cependant un gros bémol, puisque "des études récentes font état d'éventuels effets toxiques après des expositions au BPA dans la période périnatale à basses doses, inférieures à la DJT". Les seuils sont donc sujets à contestation.
En attendant l'avis de l'Efsa sur le sujet, fin mai, les autorités sanitaires ont commencé à avancer sur le dossier, avec une grande prudence.
Le mois dernier, la ministre de la santé Roselyne Bachelot envisageait ainsi "la possibilité de modifier par voie réglementaire la limite autorisée de migration du bisphénol A dans les aliments", et souhaitait "diffuser largement certaines recommandations permettant de minimiser l'exposition quotidienne au BPA" comme "éviter le chauffage des contenants en plastique".
Marc Mortureux, directeur général de l'Afssa, est allé dans le même sens mardi. Tout en martelant qu'il n'y avait pas "à l'heure actuelle de raison de modifier nos habitudes alimentaires", il a souhaité qu'après l'avis de l'Efsa soient examinées les mesures qui pourraient être prises au niveau européen afin de "réduire le niveau d'exposition de la population".
Il a souhaité que les consommateurs soient informés de la présence de BPA dans les récipients et ustensiles ménagers "via un étiquetage systématique", et envisagé une réévaluation des limites de migration du BPA dans les denrées --toujours dans le cadre de la réglementation européenne.
Gérard Bapt (PS), président du groupe d'études Santé environnementale de l'Assemblée nationale, a salué "avec intérêt" l'initiative de M. Mortureux, qui selon lui "rompt avec le déni qui caractérisait la position de l'Afssa depuis des années".
André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement-santé, a remarqué aussi "une évolution", "un degré de plus dans la reconnaissance d'un problème". L'Afssa "essaie de changer de position sans que ça se voit trop", dans un "exercice de contorsionnisme", a-t-il indiqué à l'AFP.
Il voit aussi dans ce nouveau positionnement une "petite tentative discrète de faire pression sur l'agence européenne", qui n'est pas cependant selon lui "à la hauteur de l'enjeu".
M. Cicolella regrette fortement que l'Afssa n'aille "pas jusqu'au bout de la démarche" et ne demande pas un abaissement de la dose journalière tolérable, comme elle a absolument "tous les moyens" de le faire... "Ils persistent à baser la norme sur des études obsolètes", dit-il, rappelant que le RES demande un abaissement de la DJT d'un facteur 5000, à 10 nanogrammes par kg.
Un dossier publié dans le numéro de mai de "Que Choisir" invite les consommateurs à la "prudence", face à un plastique "pas fantastique", dont la toxicité demeure "mal cernée".
Site de l'Afssa Site de "Que Choisir"![]() | Source AFP modifié le 29/04/2010 |













