Blanchiment des dents : mises en garde des autorités
Les « bars à sourire » se développent dans les grandes villes, tandis que le blanchiment des dents à domicile après achat de produits, souvent via Internet, se démocratise. Ces pratiques, autrefois réservées aux chirurgiens-dentistes, peuvent, en l'absence de garde-fou, se révéler dangereuses pour la santé.
C’est en tout cas l’avis des dentistes et des autorités. À cet effet, ces dernières viennent de publier un avertissement : « cette pratique à visée esthétique est susceptible d’exposer les consommateurs à des risques pour leur santé, surtout si le traitement est renouvelé fréquemment et si les produits utilisés contiennent ou libèrent du peroxyde d’hydrogène (ou eau oxygénée) à une teneur supérieure à la concentration maximale autorisée par la réglementation en vigueur, soit 0,1% ».
Rappelons que les produits appliqués sur les dents dans le cadre d’un blanchiment dentaire sont généralementà base de peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée). Qu’il s’agisse du peroxyde d’hydrogène, de peroxyde de carbamide ou de perborate de sodium (à noter que ce dernier est un produit toxique connu), ces produits contiennent ou libèrent du peroxyde d’hydrogène dont le fort pouvoir oxydant permet de décolorer les dents. Mais attention, point trop n’en faut ! Car à forte dose et de façon répétée, le peroxyde d’hydrogène entraîne : hypersensibilité des dents, altération de l’émail (pouvant à l’opposé de l’effet recherché faciliter la fixation ultérieure de pigments et donc la recoloration des dents), usure prématurée, fragilisation de la dent, irritation des muqueuses, etc.
C’est pourquoi la réglementation n’autorise la vente des produits concentrés entre 0,1% et 6% qu’aux chirurgiens-dentistes, tandis que le grand public ne peut accéder (normalement) qu’à des concentrations inférieures à 0,1%. Cette concentration est difficile à vérifier lorsqu’il s’agit de produits sur Internet ou d’établissements qui ne souhaitent pas communiquer sur les produits qu’ils utilisent. C’est effectivement le cas de certaines boutiques ayant pignon sur rue et qui proposent un blanchiment express et intense, pour une somme plutôt modique en la matière. Certaines sont soupçonnées d’utiliser du perborate de sodium (produit toxique) à des concentrations certes autorisées, mais qu’ils activent ensuite à l’aide d’un autre produit afin d’augmenter la concentration de peroxyde d’hydrogène libérée. Un tel procédé mène à des doses dangereuses, surtout si le traitement est répété régulièrement.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Communiqué de presse du Ministère de la Santé, de l\'Afssaps et de la DGCCRS, 5 décembre 2011.Crédit image : Fotolia.com © Kurhan












