Cameron tente d'apaiser l'inquiétude sur la réforme du système de santé britannique
Le Premier ministre britannique conservateur David Cameron a défendu mardi la réforme controversée du système de santé, tout en ouvrant la voie à des aménagements, dans un discours destiné à calmer les inquiétudes sur l'avenir du National Health Service (NHS).

Source photo : Alastair Grant [AFP]
"Modifier le NHS aujourd'hui est le seul moyen de le protéger demain", a déclaré M. Cameron à Londres devant des patients et des membres du corps médical.
La semaine dernière, le ministre britannique de la Santé Andrew Lansley avait prévenu que le NHS pourrait enregistrer un déficit de 20 milliards de livres (22,4 milliards d'euros) d'ici quatre ans en l'absence de réforme majeure, le système étant confronté à un vieillissement de la population et au coût grandissant des traitements.
Toutefois, conscient des inquiétudes soulevées par une réforme jugée précipitée, M.Cameron a indiqué qu'il prendrait le temps de mener la concertation à terme et ouvert la voie à des aménagements.
Une des dispositions les plus controversées prévoit le transfert de la gestion du budget de santé à des consortiums de généralistes. D'ici 2013, ces consortiums devaient se voir confier 80% du budget annuel du NHS.
M. Cameron a assuré que le transfert de responsabilité ne se ferait que quand les groupes de médecins seraient prêts. Il a ajouté qu'infirmières et médecins seraient associés aux décisions sur les budgets de santé.
"Nous n'allons pas brader le NHS, nous ne nous dirigeons pas vers un système d'assurance, nous n'introduirons pas un système privé à l'américaine", s'est défendu le Premier ministre.
"Nous avons cette institution merveilleuse, qui permet, que vous soyiez riche ou pauvre, d'entrer dans un hôpital et d'être soigné gratuitement sans qu'on vous demande quoi que ce soit ou qu'on vous réclame de payer d'abord", a indiqué M. Cameron, ajoutant "je ne mettrai jamais cela en péril".
M. Cameron s'est engagé à ce que les réformes n'aient pas de conséquence négative sur l'efficacité des soins et sur les listes d'attente avant traitement et à ce que les dépenses publiques en matière de santé continuent à augmenter.
Début avril, il avait été contraint d'annoncer une pause dans la réforme du NHS, lançant des consultations qui doivent aboutir la semaine prochaine à de nouvelles propositions.
La réforme du NHS est aussi source de tensions au sein du gouvernement de coalition, le vice-Premier ministre, le libéral-démocrate Nick Clegg, mettant en garde contre une concurrence potentiellement dangereuse dans le secteur médical.
![]() | Source AFP modifié le 09/06/2011 |













