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Cancer: de plus en plus de malades en chimiothérapie

 

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Le nombre de malades traités par chimiothérapie augmente rapidement, avec 24% de plus en quatre ans et des thérapies de plus en plus "personnalisées", selon un rapport de l'Institut national du cancer (Inca) publié vendredi.

 

Une infirmière prépare une patiente pour une séance de chimiothérapie dans un hôpital de Lille, le 17 janvier 2007

Source photo : Philippe Huguen [AFP/Archives]


Entre 2005 et 2010, le nombre de nouveaux malades traités pour un cancer a augmenté de 12%, du fait de hausses de l'incidence et de la démographie. Pour 2010, leur nombre est estimé à 358.000.

Dans le même temps, le nombre attendu pour 2010 de décès est de 147.000, soit sur dix ans une baisse des taux de mortalité pour 100.000 habitants de 16% pour les hommes et de 8% chez les femmes. Ce que l'Inca explique notamment par un meilleur accès aux diagnostics précoces et par les progrès des soins offerts aux malades, dont la chimiothérapie.

En 2009, 273.300 malades ont été traités par chimiothérapie, soit une hausse de 24% par rapport à 2005, deux fois plus que la hausse du nombre de nouveaux cas.

En 2009 elles ont concerné pour l'essentiel cinq pathologies: les cancers digestifs, les cancers du sein, les néoplasies hématologiques (leucémies...), les cancers pulmonaires et les cancers gynécologiques.

La chimiothérapie, indique à l'AFP Dominique Maraninchi, président de l'Inca, s'utilise dans trois cas : au début du traitement, c'est la chimio dite "adjuvante", en complément du traitement radiothérapique, pour "prévenir les métastases". Ensuite sous forme de produits "de plus en plus intelligents" et "ciblés" non pas sur un organe mais sur un phénomène biologique des cellules tumorales, permettant la "chronicisation de la maladie" en bloquant la cible. Et enfin dans le cancer à métastases, pour "essayer d'augmenter la survie".

Les nouvelles molécules "intelligentes" épargnent plus de cellules normales et ont entraîné une personnalisation, une "rationalisation" des traitements, dit le Pr Maraninchi, une tendance qui va s'accentuer. "C'est une politique de changement majeure", dit-il.

Les nouvelles molécules sont coûteuses et, dans le secteur public, le coût des traitements anticancéreux a dépassé le milliard d'euros en 2009. D'où l'importance de sérier parfaitement les malades qui peuvent en profiter, en fonction d'un test moléculaire effectué sur la tumeur, plutôt que de les donner en "aveugle".

Selon le président de l'Inca, la France a beaucoup investi dans ces tests prédictifs. "On va de plus en plus vers des molécules ciblées, et la recherche de la cible devient aussi importante que la molécule elle-même", dit-il. Mais pour le moment, les tests n'existent pas pour toutes les molécules.

AFPSource AFP
modifié le 04/10/2010