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Cancer du bitume: la cour d'appel renvoie son jugement, veut un débat scientifique

 

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La cour d'appel de Lyon a renvoyé mardi son jugement dans l'affaire d'un ouvrier d'Eurovia (groupe Vinci) décédé en 2008 d'un cancer qui pourrait être lié au bitume, en demandant un nouveau débat scientifique.

 

L'avocat Maître Jean-Jacques Rincq (D) et la femme de José-Francisco Serrano Andrade, avec un échantillon de bitume le 10 Mai 2011, devant la cour d'appel de Lyon

Source photo : Philippe Desmazes [AFP]


Une nouvelle audience se tiendra le 29 novembre prochain devant la chambre sociale de la cour d'appel, chargée de trancher sur une éventuelle "faute inexcusable" de l'entreprise de travaux publics.

D'ici là, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Ain, qui a reconnu le cancer de José-Francisco Serrano Andrade comme maladie professionnelle, doit saisir un nouveau Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) qui devra examiner les causes du décès de cet ouvrier de 56 ans.

Le CRRMP est composé de médecins experts.

En mai 2010, le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Bourg-en-Bresse avait, pour la première fois en France, fait le lien entre le cancer de la peau de M. Andrade et les fumées toxiques du bitume, et reconnu la faute inexcusable d'Eurovia.

Eurovia, qui réfute tout lien entre bitume et cancers, avait fait appel.

"Nous sommes extrêmement satisfaits", a réagi mardi devant la presse Me Jean-Jacques Rinck, défenseur de la famille Andrade.

Selon Me Rinck, "comme dans l'affaire de l'amiante, les victimes toujours et encore doivent plaider longuement pour obtenir reconnaissance de leurs droits". Il attend qu'Eurovia fournisse "enfin les fiches techniques de composition du bitume, ce produit qui tue et tuera encore".

L'avocat d'Eurovia, Me Adrien-Charles Dana, s'est également dit "pleinement satisfait" de cette décision "au service de la vérité". "Nous avons des rapports complémentaires que l'on joindra au dossier", a-t-il assuré.

"La sécurité et la santé sont des priorités absolues. Elles nécessitent une action sans relâche. Depuis des années, nous savons que les progrès ne peuvent s'obtenir que sur la base de connaissances scientifiques et médicales précises. L'arrêt de la cour d'appel de Lyon va dans ce sens", a déclaré à l'AFP Jacques Tavernier, président d'Eurovia.

Quelques militants CGT, portant une banderole "crime de chantier, stop, assez", étaient venus mardi soutenir la famille Andrade.

AFPSource AFP
modifié le 12/05/2011