Cancer du sein: une ablation limitée des ganglions n'affecte pas la survie
Une ablation limitée aux ganglions sentinelles chez les femmes atteintes d'un cancer précoce du sein ne paraît pas affecter leurs chances de survie, selon une étude publiée mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Source photo : Mychèle Daniau [AFP/Archives]
Les femmes ayant fait l'objet de l'étude, et dont le cancer avait commencé à se propager à ces ganglions retirés chirurgicalement, ont également été traitées par radiothérapie, précisent les auteurs de cette recherche.
La survie de ces patientes n'a pas été réduite par rapport à celles, souffrant d'une tumeur mammaire au même stade de développement, ayant subi une ablation d'une grande partie de leurs ganglions lymphatiques du creux de l'aisselle ou ganglions axillaires, ajoutent-ils.
Ces ganglions drainent la lymphe de tout le membre supérieur, du dos, de l'abdomen, de la paroi thoracique et du sein et sont les voies par lesquelles un cancer mammaire se propage.
Les ganglions sentinelles constituent le premier point de relais dans la propagation d'un cancer, et leur examen donne une bonne indication de l'état du reste des ganglions axillaires.
Le retrait et l'analyse des ganglions sentinelles limitent l'extension des interventions de curage ganglionnaire axillaire, une procédure de routine jusqu'ici dans les cas de cancer du sein, mais qui peut affecter la mobilité du bras et présente des risques de complications.
"La dissection des ganglions sentinelles permet de bien identifier des métastases dans un cancer du sein précoce mais on ne savait pas si le fait de se limiter à leur retrait affectait la survie" des femmes, écrivent les auteurs de ces travaux parus dans le JAMA daté du 9 février.
Un essai clinique a été mené de 1999 à 2004 sur 891 femmes atteintes d'un cancer du sein peu avancé, chez qui des métastases ont été détectées dans les ganglions sentinelles.
La moitié, prise au hasard, a subi une ablation limitée de ces ganglions (deux) tandis que les chirurgiens ont retiré dix ou davantage de ganglions axillaires des malades dans le second groupe.
Après une période de suivi de six ans et demi, on a dénombré 94 décès au total dont 42 dans le premier groupe et 52 dans le second.
Statistiquement, le taux de survie à cinq ans a été quasiment le même dans les deux groupes avec 92,5% chez les femmes ayant subi l'ablation de seulement deux ganglions sentinelles et 91,8% chez les autres .
Aucune différence n'a été constaté non plus après cinq ans entre les deux groupes en ce qui concerne le taux de non-récurrence du cancer: il était de 83,9% pour les femmes dont seuls deux ganglions avaient été retirés, et de 82,2% pour les autres, précisent les auteurs de l'étude menée par le Dr Armando Guiliano de l'Institut du cancer John Wayne au Centre de soin Saint John à Santa Monica (Californie, ouest).
![]() | Source AFP modifié le 09/02/2011 |













