Cancer: le mécanisme d'un gène "suppresseur de tumeurs" mieux connu
Le mécanisme d'action d'un gène "suppresseur de tumeurs colorectales", objet d'importantes recherches et controverses depuis une quinzaine d'années, a été en partie découvert par une équipe française qui a publié cette semaine le résultat de ses recherches dans la revue Nature.

Source photo : AFP/Archives
On sait depuis 1990 que ce gène, baptisé DCC pour "Deleted colorectal carcinoma", n'est pas ou peu exprimé dans une "majorité de cas de cancers colorectaux en stade avancé", selon la lettre publiée par l'équipe du chercheur français, Patrick Mehlen, dans la revue britannique.
Mais le mode d'intervention du DCC a été l'objet de "nombreux débats ces quinze dernières années", rappelle l'équipe du laboratoire "Apoptose, cancer et développement" que dirige Patrick Mehlen.
En se basant sur des expériences menées sur la souris, cette équipe, installée au Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (CLB) de Lyon, a "démontré l'importante du DCC en tant que rempart tardif qui limite la progression de la tumeur".
"Les résultats actuels fournissent la démonstration définitive que le DCC est un véritable suppresseur de tumeur dans l'intestin", induisant le mécanisme d'apoptose, à savoir de "suicide" programmé, pour les cellules cancéreuses.
L'expression du gène DCC est manquant ou affaibli non seulement dans les cancers colorectaux, mais aussi dans une grande variété d'autres cancers (prostate, sein, ovaires, testicules, etc.).
"On sait que le gène DCC est éteint dans la majorité des cancers", commente le chercheur français dans un communiqué publié par l'Inserm. Aussi il serait "intéressant" d'analyser le rôle du DCC pour ces pathologies.
Le chercheur espère que ces travaux déboucheront dans un futur proche sur un traitement ciblé visant à réactiver le processus de mort programmée des cellules cancéreuses, palliant ainsi chimiquement le travail défaillant du gène DCC.
"Notre groupe a d'ailleurs développé plusieurs candidats médicaments qui réactivent la mort cellulaire induite par le récepteur DCC dans des modèles animaux et nous espérons être capables de tester ces candidats médicaments en essai clinique chez l'homme d'ici trois ans", a commenté M. Mehlen.
Le cancer est à l’origine de 7,6 millions de décès dans le monde par an, soit environ 13% de la mortalité mondiale, selon les chiffres 2008 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le cancer colorectal arrive en quatrième position comme cancer le plus dangereux (610.000 décès par an), derrière le cancer du poumon (1,4 million de décès), de l’estomac (740.000 décès), du foie (700.000 décès) et devant celui du sein (460.000 décès).
![]() | Source AFP modifié le 16/12/2011 |













