Cancers de la prostate : une prise en charge sur mesure pour chaque patient
La prise en charge du cancer de la prostate se fait de plus en plus sur mesure, soulignent les spécialistes à l'occasion de la 7e journée de la prostate de l'Association française d'urologie (AFU) organisée jeudi.

Source photo : Pascal Pavani [AFP/Archives]
Elle est personnalisée en fonction des caractéristiques de la tumeur (volume, agressivité), de l'espérance de vie du patient, ainsi que de ses choix de vie (sexualité), relève le Pr Pascal Rischmann (CHU Toulouse).
C'est le cancer masculin le plus fréquent (71.500 nouveaux cas/an). Il constitue chez les hommes la 2e cause de mortalité par cancer, après celui du poumon, mais la première après 50 ans, selon l'AFU. Il touche un homme sur six entre 60 et 79 ans.
Cette journée est l'occasion pour l'AFU () d'informer sur les différentes modalités de prise en charge de cette pathologie qui est à l'origine de quelque 9.000 décès par an.
Conseil de l'AFU : consulter à partir de 55 ans et jusqu'à 69 ans et à partir de 45 ans en cas notamment d'antécédents familiaux de ce cancer.
Aujourd'hui, nombre de tumeurs sont découvertes à un stade précoce, lorsque la maladie reste localisée, alors qu'il y a une vingtaine d'années, elle était souvent diagnostiquée à un stade très avancé.
En France, le taux de mortalité baisse chaque année d'environ 7% par an depuis la fin des années 1990, selon le Pr Rischmann.
"Une mosaïque de cancers"
Les échanges au sein de l'équipe (urologues, cancérologues, radiothérapeutes, infirmières...) visent à adapter le traitement à chaque patient en évitant le sur-traitement ou le sous-traitement.
Dans la plupart des cas, le cancer de la prostate évolue lentement entre 10 et 15 ans. Il ne s'agit donc pas de traiter tous les patients, mais ceux dont le pronostic vital pourrait être engagé.
L'objectif n'est pas de détecter la moindre cellule tumorale, mais plutôt d'identifier les formes agressives de la maladie susceptible de disséminer dans l'organisme (métastases).
Car "il n'y a pas un cancer de la prostate mais une mosaïque de cancers", note le Pr Thierry Lebret (hôpital Foch, Suresnes). "Il existe donc une multitude de prises en charge et le premier temps de cette prise en charge est la réflexion", souligne l'urologue.
On peut être amené à proposer des thérapeutiques plus offensives chez les patients les plus jeunes (moins de 70 ans).
Le cancer de la prostate est une maladie silencieuse, sauf au stade avancé. Des difficultés à uriner (ou des envies urgentes d'uriner) évoquent plutôt une pathologie bénigne qui devient banale avec l'âge, rappelle le Pr Rischmann.
Pour dépister ce cancer avant qu'il ne se manifeste, on peut procéder à un toucher rectal et à une mesure dans le sang du taux de PSA (substance produite par la prostate). Le dépistage systématique de masse n'est pas recommandé par les autorités sanitaires, en raison des imprécisions de ce test. Une valeur normale de PSA n'est en effet pas une certitude d'absence de cancer, et un résultat élevé ne signe pas forcément un cancer. Il doit donc être confirmé par une biopsie.
Selon les cas, l'équipe propose de traiter d'emblée pour obtenir une guérison ou une surveillance du cancer afin de ne le traiter que s'il devient menaçant. Le traitement peut être aussi palliatif pour ralentir la progression de la tumeur chez les sujets âgés.
Pour les très petites tumeurs (environ 20% des cas) des traitements "focaux" pour détruire le foyer tumoral en préservant l'organe sont en cours d'évaluation comme les ultrasons focalisés de haute intensité, indique le Pr Rischmann.
www.urofrance.org/![]() | Source AFP modifié le 15/09/2011 |













