Chikungunya : le moustique-tigre sous surveillance en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Le moustique-tigre "aedes albopictus", vecteur potentiel du chikungunya et de la dengue, fait l'objet pendant la saison estivale d'une surveillance particulière dans trois départements de Provence-Alpes-Côte d'Azur, alors qu'il a été localisé à Marseille.

Source photo : Thierry Roux [AFP/Archives]
Une personne pulvérise un insecticide lors d'une campagne de démoustication organisée dans le quartier de la baie de Saint-Paul, le 23 avril 2010, à la Réunion

Source photo : Richard Bouhet [AFP/Archives]
A l'origine de cette vigilance, un arrêté ministériel, publié début avril au Journal officiel, qui qualifiait les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône de "départements où les moustiques constituent un danger pour la santé des populations".
Danger car "dans ces départements, le risque d'une circulation autochtone de la dengue ou du chikungunya suite à l'introduction du virus par un voyageur malade est possible", précisait-on à la direction générale de la Santé.
Une possibilité qui s'était concrétisée en 2007 en Italie où l'introduction d'un seul cas importé fin juin dans un village de Ravenne s'était traduite par l'apparition de 240 cas de chikungunya en deux mois. Peu de temps après, le moustique-tigre franchissait la frontière pour s'installer dans les Alpes-Maritimes.
Pour qu'il y ait un cas autochtone de chikungunya ou de dengue, il faut qu'un moustique-tigre femelle pique une personne malade (revenant par exemple de l'océan Indien ou des Antilles) puis pique d'autres personnes, leur transmettant ainsi la maladie.
Or, 24 cas de dengue et un cas de chikungunya ont été importés par des voyageurs en Paca depuis le début de l'année, a indiqué mercredi Jean-Jacques Coiplet, de l'Agence régionale de Santé.
En outre, l'aedes albopictus a été localisé "en très faible quantité" dans deux quartiers de Marseille, La Valentine (XIe arrondissement) et Saint Barnabé (XIIe arrondissement), a dit mercredi le directeur de cabinet du préfet des Bouches-du-Rhône.
L'hypothèse d'un cas autochtone n'est donc pas à exclure même si les risques d'une présence concomitante d'un cas importé et d'un aedes albopictus restent minimes.
Minimes mais possibles d'autant que "l'implantation du moustique aedes albopictus s'aggrave en France métropolitaine", note l'Institut national de veille sanitaire qui précise que l'insecte "a brutalement étendu son territoire en 2009 à l'arrière-pays" des Alpes-Maritimes, de Haute-Corse, de Corse du Sud et du Var, et "s'est implanté en septembre 2009 dans les Bouches-du-Rhône, dans deux quartiers de Marseille".
Par précaution et pour empêcher qu'une épidémie se produise en Provence, un plan de lutte contre le moustique-tigre a donc été mis en place.
Il comporte une surveillance entomologique, assurée par l'Entente interdépartementale pour la Démoustication (EID) du littoral méditerranéen, et épidémiologique, encadrée par l'agence régionale de la Santé.
"Cette surveillance est basée sur le suivi de pièges pondoirs installés dans les zones à risque d'importation de l'espèce", a indiqué Christophe Lagneau, de l'EID.
Les autorités sanitaires surveillent particulièrement les zones de stockage de pneus usagés et appellent les citoyens à éliminer toute source d'eaux stagnantes (coupelle sous les pots de fleurs, jouets d'enfants laissés dans le jardin, verres ou récipients abandonnés), où ces insectes aiment à pondre leurs oeufs.
En 2005-2006, l'île de la Réunion avait connu une épidémie de chikungunya qui avait touché 266.000 personnes et causé la mort de 250 d'entre elles.
Les malades de la dengue ou du chikungunya présentent les mêmes symptômes que ceux de la grippe : une fièvre supérieure à 38 degrés, des courbatures, des douleurs aux articulations, des manifestations hémorragiques ou des céphalées.
![]() | Source AFP |













