Chine: pas de preuve qu'un lait maternisé provoque la poussée des seins de nourrissons
Une enquête n'a trouvé aucune preuve qu'un lait maternisé fabriqué en Chine ait pu provoquer la poussée des seins de trois nourrissons de sexe féminin, a affirmé le ministère chinois de la Santé cité dimanche par les médias officiels.

Source photo : AFP
Une petite fille chinoise de 13 mois, dont le niveau hormonal a été analysé et jugé supérieur à la normale, joue à côté de sa mère à Pékin le 9 août 2010.

Source photo : AFP
Les autorités sanitaires de la province du Hubei (centre) avaient reçu l'ordre du ministère de la Santé de lancer un enquête sur ce lait en poudre du fabricant Synutra, après des craintes exprimées par des parents et des médecins s'inquiétant de la poussée des seins de trois petites filles, âgées de 4 à 15 mois.
Le niveau hormonal des trois bébés alimentés avec le même lait était supérieur au taux moyen chez les femmes adultes, avait rapporté le China Daily. Les trois nourrissons présentaient un niveau très élevé d'estradiol et de prolactine notamment.
L'enquête clinique a permis d'établir que les taux d'hormones du lait incriminé se situent dans la norme et que les additifs hormonaux trouvés dans les échantillons ne présentaient pas de danger, a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé Deng Haihua, au cours d'une conférence de presse.
Les tests ont été réalisés par des experts en sécurité alimentaire du Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies, et pratiqués sur des résidus du lait consommés par les enfants, ainsi que sur 42 échantillons de lait Synutra commercialisé et sur 31 échantillons de lait d'autres producteurs, a précisé l'agence Chine Nouvelle.
Les médecins qui ont examiné les trois nourrissons, ont également estimé que leur développement prématuré n'était pas grave, a ajouté M. Deng.
Synutra a son siège à Qingdao (nord-est). Les autorités sanitaires de cette ville avaient refusé de procéder à des tests sur le lait Synutra, expliquant qu'elles ne pouvaient le faire à la demande des seuls acheteurs.
Synutra avait défendu son lait expliquant dans un communiqué que ses produits étaient sains et que "ni hormones synthétiques ni substances illégales n'(avaient) été ajoutées dans la phase de production".
Dimanche, la société a salué les résultats de l'enquête et s'est engagée à financer à hauteur de 1,5 million de dollars la recherche sur la "puberté précoce".
Le groupe laitier néo-zélandais Fonterra était venu au secours de son fournisseur assurant qu'il avait "confiance à 100%" dans le lait fourni par Synutra.
L'action de Synutra, coté sur le Nasdaq à la Bourse de New York, a néanmoins chuté de près de 30%, au cours de la semaine, dont 27% lundi à 12,72 dollars, sa plus forte baisse depuis le scandale du lait chinois en 2008.
L'industrie laitière chinoise a été secouée fin 2008 par un énorme scandale: l'adjonction massive et illégale dans le lait pour enfant de mélamine, utilisée dans la fabrication du plastique, a provoqué la mort d'au moins six enfants chinois et en a rendu malade 300.000 autres.
Ce scandale, impliquant 22 compagnies laitières chinoises dont les plus grandes, avait déclenché un retrait massif dans le monde des produits chinois contenant du lait et une psychose en Chine.
![]() | Source AFP modifié le 17/08/2010 |













