Accueil > Mag Santé > Ma santé > Congrès mondial de myologie : place au développement de médicaments

Congrès mondial de myologie : place au développement de médicaments

 

Ma santé

 

Le 4e Congrès de myologie, qui rassemblera quelque 800 experts internationaux des maladies du muscle de lundi à vendredi à Lille, fera la part belle au développement de traitements, avec de premiers résultats encourageants.

 

Une technicienne de laboratoire travaille, le 27 octobre 2004 dans le laboratoire Généthon à Evry.

Source photo : Pascal Pavani [AFP/archives]


"Plus ça va, plus on avance vers la thérapeutique", a indiqué à la presse la présidente de l'Association française contre les myopathies (AFM), Laurence Tiennot-Herment, rappelant que le dernier congrès avait eu lieu en 2008 à Marseille.

"Malheureusement on continue à mourir tous les jours de ces maladies du muscle", a-t-elle relevé.

Le congrès sera l'occasion de faire le point des essais cliniques en cours, en particulier dans le traitement de la myopathie de Duchenne. Cette maladie qui affecte les garçons (1 sur 3.500 naissances), est liée à un déficit en une protéine, la dystrophine, du fait d'une mutation du gène DMD.

Incurable, elle s'attaque à tous les muscles. C'est la plus fréquente des maladies neuromusculaires de l'enfant, "emblématique" pour l'AFM (Association française contre la myopathie) et le Téléthon : elle symbolise le chemin parcouru en 25 ans, de la découverte du gène en 1986 aux premiers résultats des essais cliniques de phase II/III sur plusieurs dizaines de patients.

"Les maladies rares nécessitent des collaborations internationales" pour rassembler un nombre suffisant de patients dans les essais cliniques, a expliqué Thomas Voit, directeur médical et scientifique de l'Institut de Myologie (Paris), co-président du Congrès avec Margaret Buckingham (Institut Pasteur).

Plusieurs pistes thérapeutiques sont explorées (pharmaco-génétique, thérapie génique), ciblant différentes anomalies du gène DMD.

Giles Campion (Pays-Bas) présentera vendredi des résultats actualisés d'un essai de phase II, mené par les sociétés Prosensa et GSK, d'un traitement à base de petites molécules appelées "antisens", concernant le "saut d'exon 51".

Les exons sont des fragments codant du gène. Schématiquement, l'idée du "saut d'exon" est de court-circuiter les aberrations du code génétique, pour obtenir un message raccourci mais cohérent, de façon à rétablir partiellement la production de la protéine déficiente. Un peu comme on gommerait les mots avec des scories dans une phrase incompréhensible, pour obtenir un texte incomplet, mais gardant un sens.

Les résultats de phase I et II ont montré des "effets tout à fait positifs", a indiqué le Pr Voit, avec une amélioration de la distance de marche.

L'essai de phase II a été étendu et un essai de phase III a démarré en 2010, auquel participent l'hôpital Necker (Paris) et les CHU de Toulouse et Lille.

Au total ces deux essais incluront, dans huit pays, 54 malades pour la phase II et environ 180 pour la phase III.

Le gène DMD compte 79 exons. Le "saut d'exon 51" permettrait de traiter 17% des garçons atteints de la myopathie de Duchenne, a précisé le Pr Voit, tandis que 60% "seraient potentiellement accessibles à la thérapie du saut d'exon".

"On voit combien on avance vers le développement de médicaments", a noté Laurence Tiennot-Herment, soulignant qu'"il n'y a pas de frontière" entre recherche fondamentale et thérapeutique.

Les mardi et mercredi seront consacrés à la recherche fondamentale et notamment au potentiel des cellules souches. Cécile Martinat (Inserm) exposera ses travaux sur les cellules souches embryonnaires, qui ont permis d'identifier des mécanismes jusqu'alors inconnus impliqués dans la maladie de Steinert, la plus fréquente des myopathies de l'adulte.

AFPSource AFP
modifié le 10/05/2011