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Crise nucléaire au Japon: l'Asie guettée par la panique

 

Ma santé

 

Les autorités sanitaires asiatiques tentaient mardi d'apaiser la panique sur les côtes Pacifique du continent, où les médicaments censés protéger des conséquences des radiations s'arrachaient sous l'effet de la crise nucléaire au Japon.

 

Une boîte de comprimés d'iode le 14 mars 2011

Source photo : Dirk Waem [AFP]


L'incertitude autour de la centrale de Fukushima 1, où les accidents se succèdent depuis le violent séisme de vendredi, ont provoqué des bouffées d'angoisse dans certains pays où des habitants se préparent déjà au pire.

Les stocks de sociétés basées aux Etats-Unis produisant l'iodure de potassium, utilisé en prévention d'une irradiation, ont été pris d'assaut. Les pharmacies de la côte ouest américaine ont dû faire face à une ruée de la clientèle.

Ce sel est utilisé pour saturer la thyroïde et bloquer l'ingestion d'iodine radioactive, une substance hautement cancérigène qui peut émaner d'une centrale nucléaire lors d'un accident.

"On est assailli de commandes mais on travaille aussi vite que possible pour y répondre", a indiqué la société NukePills.com, en rupture de stock de comprimés et bientôt à cours du médicament sous forme liquide. Un autre producteur, Anbex, a lui aussi indiqué être en rupture de stock et ce jusqu'à la mi-avril.

Une boîte de 14 comprimés était vendue 540 dollars aux enchères sur le site de ventes eBay. Et les débats sur Twitter et autres forums de socialisation sur internet ont pris une telle ampleur que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dû lancer un appel au calme.

"Consultez votre médecin avant de prendre des comprimés d'iodure. Ne pratiquez-pas l'auto-médication", a indiqué l'OMS sur son propre compte twitter.

Ces médicaments ne constituent "pas des antidotes à l'irradiation" et n'offrent aucune protection contre les éléments radioactifs tels que le cesium, a-t-elle ajouté, précisant qu'ils pouvaient aussi présenter des risques notamment pour les femmes enceintes.

"C'est fou, les gens ont lu des choses sur la situation au Japon et ils demandent des comprimés d'iodure mais la plupart des pharmacies n'en ont pas", a témoigné Paul Ho, un pharmacien de Kuala Lumpur.

"Il y a aussi des textes affirmant qu'on peut utiliser la solution d'iodure antiseptique en s'en mettant autour du cou pour diminuer l'absorption de rayons", a-t-il ajouté. "Je ne sais pas si c'est vrai, mais nous n'avons plus de cet antiseptique".

Un message, qui circule notamment en Chine et aux Philippines et qui est présenté comme un "flash" d'un média étranger, appelle les Asiatiques à "prendre leurs précautions", notamment à se badigeonner la région de la thyroïde avec de l'iodure de potassium.

Un conseil qualifié "d'aberrant" par le ministre de la Santé malaisien Liow Tiong Lai. "Les gens ne doivent pas paniquer. Le ministère de la Santé contrôle la situation de très près", a-t-il déclaré à l'AFP.

Des responsables taïwanais ont commencé à préparer la distribution de 100.000 comprimés aux riverains de deux centrales nucléaires.

"Soyons clair, nous n'avons pas besoin de ça", a réagi aux Philippines le secrétaire à la Santé Enrique Ona. "Nous savons où les trouver en cas de besoin".

Il a précisé que le plan d'urgence nucléaire de son pays était prêt et que les importations de produits alimentaires japonais étaient testées. La Corée du Sud envisage pour sa part l'examen des voyageurs revenant du Japon.

Reste l'impossibilité d'exclure complètement, à terme, une catastrophe bien réelle. Selon Stephen Tsui, expert en bio-médecine de l'université de Hong Kong, le risque de contamination hors du Japon est actuellement "bas".

Mais "tous les pays de la région" pourraient être touchés en cas de fusion complète de la centrale de Fukushima. "Un nuage de pluie pourrait acheminer la matière (radioactive) très loin et la déposer dans le sol, où elle pourrait s'insinuer dans les sources d'eau et les aliments".

AFPSource AFP
modifié le 16/03/2011