Davantage d'enfants contaminés à Fukushima qu'annoncé
L'Association pour le contrôle de la radioactivité de l'Ouest (ACRO), un laboratoire français indépendant, a estimé mercredi, au vu de ses propres analyses, qu'il y a davantage d'enfants contaminés à Fukushima que ne le laissent penser les statistiques officielles "pas assez précises".

Source photo : Go Takayama [AFP/Archives]
"Nous avons analysé les urines de 15 enfants de Fukushima, ville qui se trouve à 60 km de la centrale accidentée. Tous sont, ou ont été, contaminés alors que les autorités, sur un échantillon de 100, en trouvent un sur deux", a indiqué le président de l'Acro, David Boilley, lors d'une conférence de presse.
La différence s'explique, selon M. Boilley, par un manque de précision des analyses japonaises dont le seuil de détection est de 13 becquerels par litre, contre 0,5 pour l'Acro, a précisé ce physicien du laboratoire qui a analysé les urines envoyées par des associations de citoyens au Japon.
Le laboratoire, basé à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), dans la banlieue de Caen, a relevé dans ces échantillons du césium 134 et du césium 137, des éléments radioactifs que l'on peut trouver après un accident nucléaire. Les césium ont une durée considérée comme moyenne. La quantité de césium dans le corps diminue de moitié en un mois chez un enfant qui mange sain, contre huit jours pour l'iode.
Un individu qui n'est plus contaminé a cependant toujours davantage de risque de développer un cancer que celui qui ne l'a pas été, rappelle l'Acro.
"Les enfants qui ont été évacués ont vu leur contamination baisser ou disparaître", a-t-il poursuivi. La contamination "reste légère pour tout le monde", nuance l'Acro.
Avant cette série d'analyses d'urines de 15 enfants, qui datent du 23 au 25 juillet, l'ACRO avait déjà analysé les urines de 10 de ces enfants du 19 au 21 mai, ce qui permet de suivre l'évolution.
"La contamination par la nourriture serait peut-être davantage responsable des contamination que l'inhalation de poussières", a aussi avancé M. Boilley.
Pour l'Acro, un des deux laboratoires indépendants créés en France après la catastrophe de Tchernobyl, ces analyses montrent que les critères d'évacuation devraient être élargis.
Tokyo a relevé le seuil de tolérance de radiation 1 à 20 millisieverts (mSv) par an, soit celui autorisé pour les travailleurs du nucléaire. "Or, en France, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) prône une évacuation à 10 mSv", seuil qui paraîtrait plus acceptable, a estimé M. Boilley.
Environ 80.000 personnes ont déjà été évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale qui n'est pas encore stabilisée. Si le seuil était abaissé à 10 mSv, il faudrait demander à 70.000 personnes supplémentaires d'abandonner domicile et travail, selon l'Acro.
![]() | Source AFP modifié le 08/09/2011 |













