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Déchets nucléaires : taux de cancers pas plus élevé autour d'un stockage

 

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Le taux de cancer n'est pas plus élevé parmi la population vivant autour du centre de stockage de déchets radioactifs à Soulaines (Aube) que dans le reste des départements voisins, selon une étude épidémiologique menée par l'Institut nationale de veille sanitaire (INVS).

 

Panneau d'avertissement sur un camion au centre de stockage de déchets radioactifs à Soulaines-Dhuys.

Source photo : Olivier Laban-Mattei [AFP/Archives]


L'enquête sollicitée par des élus locaux et l'association des "Citoyens du coin" a comparé le nombre de cancers répertoriés parmi les 16.000 habitants vivant dans un rayon de 15 kilomètres autour du site de stockage à celui des habitants des départements de l'Aube et de la Haute-Marne.

"On ne trouve pas de différence entre les deux populations pour l'ensemble des cancers ni pour des cancers associés à l'exposition aux rayonnements ionisants ou aux radio-nucléides chez l'homme comme chez la femme", a expliqué à l'AFP le docteur Georges Salines, directeur de la santé au pôle environnement de l'INVS.

"On ne trouve rien, sauf un excès d'incidence sur le cancer du poumon chez l'homme", a poursuivi le médecin. L'étude révèle qu'il y a 1,28 fois plus de cancers du poumon chez l'homme - mais pas chez la femme - dans la zone définie que dans les départements témoins.

"Le tabagisme est la cause principale de ce cancer, les fumeurs ont dix fois plus de risque de le contracter que les non-fumeurs", a-t-il ajouté en précisant qu'une "proportion plus importante de fumeurs autour du centre pourrait expliquer la différence".

L'INVS va poursuivre la surveillance et étudier les autres pathologies liées au tabagisme, comme les affections bronchiques, pour préciser les causes de cette variation.

En 2006, alors qu'un arrêté permettait à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) d'émettre des rejets radioactifs gazeux et liquides sur son site de stockage de Soulaines, l'association des "Citoyens du coin" avait alerté les élus pour exiger une surveillance sanitaire.

"Entre les discours militants des anti-nucléaires et les discours de communication d'entreprise de l'Andra, nous voulions une étude indépendante scientifique et rigoureuse qui nous éclaire et fasse taire les rumeurs", a expliqué Louise Berthelot, la porte-parole de l'association.

"S'il y avait une catastrophe majeure autour du centre, l'étude l'aurait prouvée mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aura jamais rien, la durée de dangerosité des produits stockés à Soulaines est considérable", a-t-elle poursuivi. Elle souhaite l'organisation de "réunions publiques par les scientifiques et non par les représentants de l'Etat".

AFPSource AFP
modifié le 26/10/2010