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Dépendance : Sarkozy insiste sur la piste des assurances privées

 

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Le président Nicolas Sarkozy n'a pas dévoilé mardi le contenu de la réforme de la dépendance, mais il a clairement exclu de "taxer davantage le travail" pour la financer, tout en insistant sur le rôle que pourraient jouer les assurances privées.

 

Nicolas Sarkozy prononce un discours sur la dépendance, le 8 février 2011

Source photo : Philippe Wojazer [AFP]


Comme il l'avait fait pour les retraites, le chef de l'Etat a invoqué l'urgence démographique, liée à l'allongement de la vie et au vieillissement, pour mener rapidement à bien le dernier grand chantier social de son quinquennat.

"Nous pouvons toujours attendre, la démographie, elle, n'attendra pas", a-t-il fait valoir lors d'un colloque sur le sujet au Conseil économique, social et environnemental, soulignant que 25 milliards d'euros étaient déjà consacrés cette année à la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

Tout en appelant à "élargir le débat" au-delà des questions financières, le chef de l'Etat a rappelé que "seulement une personne âgée sur cinq est en mesure de financer sur ses seuls revenus son hébergement en maison de retraite".

"Nous ne pouvons pas laisser les familles seules face à la montée de la dépendance", a-t-il estimé.

Parmi les pistes sur la table pour trouver de nouvelles sources de financement, Nicolas Sarkozy s'est gardé de dévoiler de premiers arbitrages, alors que divers groupes de travail ont été installés par le gouvernement pour nourrir sa réflexion dans les prochains mois.

Il a toutefois écarté de "taxer davantage le travail", ce qui, a-t-il affirmé, aurait pour conséquence d'en "augmenter le coût" et "ne conduirait qu'à une délocalisation encore plus importante de nos emplois".

S'il n'a pas évoqué la proposition controversée du recours sur succession, relancée la semaine dernière par un rapport sénatorial, le président s'est en revanche attardé sur une autre proposition qui fait polémique, celle du rôle des assurances privées.

"Quand nos finances publiques sont dans la situation où elles sont, quand le travail est à ce point taxé, quand cinq millions de Français ont déjà souscrit une assurance dépendance, est-il raisonnable de ne pas s'interroger sur le rôle que peuvent jouer les mutuelles, les compagnies d'assurances et les organismes de prévoyance", s'est-il interrogé.

"Il nous faut sans doute inventer autre chose que le modèle traditionnel de couverture des risques par la sécurité sociale", a-t-il estimé, affirmant qu'il n'avait "pas l'intention d'utiliser la dépendance pour privatiser insidieusement l'assurance-maladie".

Ces propos n'ont pas rassuré les défenseurs d'une prise en charge de la dépendance par la Sécurité sociale.

Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, a plaidé mardi pour un "service public de la prise en charge", pointant le "vrai danger" du privé, tandis que le PCF a estimé que Nicolas Sarkozy n'avait "d'autre but que d'offrir aux compagnies d'assurances une nouvelle part de marché".

L'association AD-PA, qui regroupe les directeurs de services à domicile et d'établissements pour personnes âgées, s'est inquiétée de son côté de la volonté affichée de favoriser le maintien à domicile, renvoyant "à la responsabilité des familles dont on sait combien elles s'épuisent aujourd'hui".

"Cette analyse compassionnelle de la situation ne vise, semble t-il, qu'à ouvrir devant l'opinion la brèche du recours à l'assurance privée", a estimé le président de l'Assemblée des Départements de France, Claudy Lebreton (PS).

Nicolas Sarkozy a confirmé que le gouvernement devrait avoir bouclé son projet de réforme "avant la fin de l'été prochain". Mais plusieurs déclarations ministérielles ont cependant ouvert la voie ces dernières semaines à des mesures ultérieures à prendre après la présidentielle de 2012.

AFPSource AFP
modifié le 09/02/2011