Dépistage du cancer du sein: stabilité des taux de détection depuis 2004
Une stabilité, voire une légère baisse, des taux de détection de cancers du sein dans le cadre du dépistage organisé est observée depuis 2004, année de généralisation de ce programme, selon une étude présentée mercredi à Marseille au congrès de la Société de sénologie.

Source photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT [AFP/Archives]
Ces observations, issues de la base nationale du dépistage organisé entre 2004 et 2008, "concordent avec les données observées par l'assurance maladie", a relevé Agnès Rogel (Institut de veille sanitaire), qui présentait cette étude.
En 2008, plus de 14.000 cancers du sein ont été détectés dans le cadre du dépistage organisé (invitation pour les femmes de 50 à 74 ans à effectuer une mammographie tous les deux ans), soit un taux de de 6,3 cancers pour 1.000 femmes dépistées, selon des données provisoires.
Sur la période 2004-2008, les données de l'InVS montrent également une proportion "stable" des cancers in situ (lorsque la tumeur n'a pas infiltré les tissus voisins), de l'ordre de 15%.
Les résultats montrent par ailleurs une baisse du taux de "faux positifs" (de 10% en 2004 à 7% en 2008), avec une définition "très large": dépistage d'une anomalie s'avérant normale ou bénigne après un examen complémentaire qui peut être un simple agrandissement de l'image ou une échographie.
La baisse du taux de "faux positifs" est particulièrement significative pour les femmes ayant subi une biopsie chirurgicale. "Le risque d'effectuer un examen chirurgical +traumatisant+ parmi les femmes dont le diagnostic est bénin semble donc baisser", selon Agnès Rogel.
Sur la période étudiée, la pratique de biopsies chirurgicales "a beaucoup diminué" au profit de microbiopsies ou macrobiopsies (prélèvements de tissu réalisés avec une aiguille plus ou moins grosse, à travers la peau).
"Nous ne sommes pas dans une épidémie de cancers du sein", annoncée par les détracteurs du dépistage, a relevé Brigitte Séradour, radiologue et co-organisatrice du 33e congrès de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM) consacré au surdiagnostic et au surtraitement.
L'épidémiologiste Jacques Estève a néanmoins appelé à "être très prudent dans l'exploitation des résultats", la période d'étude étant très courte.
![]() | Source AFP modifié le 14/11/2011 |













