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Des Allemands de l'ex-RDA cobayes de groupes pharmaceutiques occidentaux

 

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Des groupes pharmaceutiques occidentaux ont utilisé des Allemands de l'Est comme cobayes moyennant le versement de devises fortes au régime communiste de l'ex-RDA, selon une télévision allemande jeudi.

 

Une technicienne de laboratoire

Source photo : Pascal Pavani [AFP/Archives]


Les tests de médicaments, qui ont duré de 1985 à la chute du Mur de Berlin en 1989, concernaient plus de 2.000 patients, a indiqué à l'AFP Stefan Huege, réalisateur de l'émission pour la chaîne publique régionale MDR.

Plusieurs firmes occidentales ont testé leurs produits dans l'ex-RDA, dont la suisse Ciba Geigy, qui aurait procédé à des essais cliniques d'un antidépresseur, le Brofaromin, dans la région de Plauen, en Saxe, selon MDR.

Un témoin, Karin Forner, a affirmé à MDR que sa mère qui souffrait de dépression chronique n'avait été acceptée dans un hôpital de Plauen qu'en échange de sa participation à une "étude" en 1989.

Traitée avec l'antidépresseur Brofaromin sa mère avait perdu du poids et semblait avoir perdu tout contact avec la réalité. Ce n'est qu'après avoir arrêté ce traitement qu'elle a commencé à se rétablir. Selon MDR, aucune autorisation de mise sur le marché de ce médicament n'a d'ailleurs été demandée dans les pays de l'Ouest.

MDR a montré des fac-similés de documents mettant en cause Ciba Geigy, une entreprise qui appartient aujourd'hui au géant pharmaceutique Novartis. Interrogé par l'AFP, le porte-parole de Novartis, Eric Althoff, s'est refusé à commenter la teneur de l'émission, indiquant que son groupe n'avait pas été contacté par l'équipe de télévision. Il a ajouté que tous les tests cliniques de Novartis respectaient les principes éthiques.

En échange, les sociétés concernées ont versé des sommes importantes à la KoKo (Kommerziellen Koordinierung), une filiale du ministère du Commerce de l'Allemagne de l'Est chargée de recueillir des devises, selon la chaîne de télévision qui appuie ses dires sur des témoignages et des archives de la Stasi, la police secrète est-allemande.

Certains patients, sur lesquels ces médicaments non homologués à l'Ouest étaient testés, ont souffert des séquelles importantes et certains sont morts, selon MDR.

AFPSource AFP
modifié le 24/07/2010