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Des biscuits apéro aux carottes, les ados mangent (presque) de tout

 

Nutrition

 

Biscuits apéro, chips mais aussi légumes crus et cuisine de grand-mère, les adolescents ne se nourrissent pas si mal mais toujours en fonction de leurs envies: bien présentée, la poule au pot, à l'honneur pour la 21e semaine du goût, pourrait ne pas leur déplaire.

 

Une jeune femme commande des pâtes "à emporter", le 11 juin 2010 à Strasbourg, dans une enseigne Mezzo Di Pasta.

Source photo : Frederick Florin [AFP/Archives]


L'alimentation "n'est pas leur priorité", souligne la diététicienne Nathalie Uytterhaegen, de l'Institut Pasteur de Lille. Ils mangent vite pour gagner du temps, et bon marché pour grapiller un peu d'argent pour leurs besoins personnels.

Moins d'un lycéen sur deux prend un petit déjeuner quotidien mais les trois quarts grignotent entre les repas, selon des enquêtes. Les lycéens goûtent moins souvent que les collégiens.

Pourtant, contrairement à ce que pensent généralement les adultes, leur alimentation est très variée, comme le relève l'étude AlimAdos du CNRS et de l'Agence nationale de la recherche (ANR), publiée l'an dernier. En général, ils aiment les produits pratiques et pas chers: hamburgers, kebabs, yaourts à boire, ficelles de fromage...

Pierre, 16 ans, aime aussi "la nourriture familiale", avec un faible pour les carottes cuites. Mais ni la salade, ni les fruits crus... Le dîner idéal ? "un très bon resto italien".

Le plaisir est essentiel. Les ados aiment les repas de famille avec des plats "qui mettent de l'ambiance, genre couscous ou raclette", dit Mme Uytterhaegen, pour qui ils ne s'en sortent "pas si mal que ça". "Une grande majorité ont des comportements plutôt favorables", renchérit Hélène Thibault, pédiatre et présidente de l'Association pour la prévention et la prise en charge de l'obésité en pédiatrie.

Une étude, à laquelle elle a participé, relève quand même les influences de l'autonomie nouvellement acquise, de la publicité et surtout de l'environnement: donc pas assez de fruits et légumes, trop de lipides, protéines et produits sucrés, pas assez de glucides complexes (féculents, légumes secs)...

Plaisir de la transgression ou bonheur d'être entre amis, ils sont prêts à manger n'importe quoi sur un banc ou dans la rue.

Félix, 14 ans, mange le midi à la cantine, sauf un jour par semaine où, luxe suprême, il a "une heure pour manger" et va dehors. Alors "c'est pas très important ce que je mange : c'est juste le plaisir d'être avec les amis".

Il y a des choses qu'il préfère genre frites, pâtes ou pizzas, et le Nutella, la gâterie indispensable du 4h. Pas question de goûter aux escargots ou aux cuisses de grenouille : "quelque chose qui a l'air pas bon, je ne mange pas".

Quand on est avec les copains, le prix importe beaucoup. Même s'il n'aime "pas particulièrement", Pierre mange du fast food, pour "composer avec les budgets de tout le monde". On prend aussi des chips, des gâteaux apéritifs, parce que c'est facile à partager. Et puis, "tout le monde aime".

"On va pas s'acheter un panier de choux de Bruxelles quand on est avec les copains", lance F., citée dans une enquête à paraître, conduite en Aquitaine.

"La promotion des modes de vie sains est fondamentale pour mettre un terme à la progression rapide de l’épidémie d’obésité", selon l'OMS. Certes, mais les adolescents se défient des normes nutritionnelles. Les "discours moralisateurs", "ça ne marche pas du tout", souligne Mme Uytterhaegen.

Mais "si on leur dit +en mangeant ça, t'es en train de te faire avoir par l'industriel+, là il y aura un impact", note-t-elle.

Le pourcentage d'adolescents obèses ou en surpoids a baissé depuis 2000 de 18 à 16% en France, seul pays développé où la courbe s'est inversée", selon la ministre Roselyne Bachelot.

AFPSource AFP
modifié le 13/10/2010