Accueil > Mag Santé > Nutrition > Des compléments alimentaires à base d'igname affecteraient le foie

Des compléments alimentaires à base d'igname affecteraient le foie

 

Nutrition

 

Des compléments alimentaires à base d'igname, une plante exotique, sont dans le collimateur des autorités sanitaires, leur responsabilité n'ayant pas pu être écartée dans la survenue de lésions du foie, sans séquelles toutefois, chez des personnes en ayant consommés.

 

Des Philippains font sécher leur récolte d'igname. Date et lieu non communiqués.

Source photo : Romeo Gacad [AFP/Archives]


Certains de ces produits sont vantés pour pallier aux désagréments de la ménopause comme les bouffées de chaleur, l'irritabilité, ou encore les troubles du sommeil.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses) a recensé onze déclarations d'effets indésirables, dont six lésions hépatiques, chez des patients ayant consommé deux types de compléments alimentaires d'une même gamme de produits à base d'extrait d'igname, selon un premier bilan d'un dispositif de vigilance lancé en 2009, présenté jeudi.

Dès jeudi, cette "nutrivigilance" est élargi aux nouveaux aliments (extrait d'écorce de magnolia, jus de noni, pulpe déshydratée de fruit de baobab...), ainsi qu'aux boissons ou aliments enrichis et aux denrées destinées à une alimentation particulière pour les bébés ou les personnes âgées entre autres.

Après examen des dossiers des suppléments à base d'igname signalés à l'Anses les experts on trouvé qu'un "lien avec la consommation de compléments alimentaires ne pouvait être exclu dans dix de ces cas, dont six ayant entraîné une hospitalisation".

"Tous ces effets indésirables ont été réversibles et sans séquelles", a assuré à l'AFP Marie Favrot, conseillère Anses.

"On a considéré qu'on pouvait effectivement avoir un problème avec l'igname dont il existe 600 sous-espèces, certaines étant comestibles, à condition de les laver et de les faire cuire correctement, et d'autres toxiques, mais on a pas les moyens de savoir d'où sortent les extraits utilisés", selon elle.

"Si les industriels pouvaient très rapidement prouver que leur extrait correspond à la variété de la plante non toxique, que les extraits sont bien purs et qu'ils fournissent des données chimiques et toxicologiques montrant qu'ils ne sont pas toxiques, alors leurs produits pourraient être actuellement maintenus sur le marché", a-t-elle souligné. Mais en l'absence de ces données, la sécurité des consommateurs ne peut être garantie", a-t-elle précisé.

L'Anses a rendu un avis dans ce sens, et l'a transmis à ses autorités de tutelles (santé, économie, agriculture) décisionnaires en la matière.

Un adulte sur cinq et un enfant sur dix utilisent au moins une fois par an des compléments alimentaires.

AFPSource AFP
modifié le 09/12/2010