Des études confirment le risque cardiaque accru de l'anti-diabétique Avandia
L'anti-diabétique Avandia du laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK) accroît nettement le risque cardiovasculaire, selon deux nouvelles analyses américaines publiées lundi et confirmant des recherches précédentes.

Source photo : Justin Sullivan [AFP/Getty Images/Archives]
Le risque augmente de 28 à 39% mais n'est pas accompagné d'un plus grand nombre de décès résultant d'un infarctus.
Cette analyse, conduite par les Dr Steven Nissen et Kathy Wolski de la Cleveland Clinic Foundation, a identifié 56 essais cliniques jusqu'en février 2010 comprenant 35.531 patients, dont 19.509 avaient pris de l'Avandia (molécule rosiglitazone) et 16.022 autres anti-diabétiques.
"Ces résultats sont similaires à ceux d'études faites précédemment (en 2007) par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline --le fabricant-- , l'agence américaine des médicaments (FDA) et des chercheurs indépendants, et montrent un risque cardio-vasculaire accru chez les malades traités avec de la rosiglitazone", écrivent les auteurs de ces travaux publiés lundi en ligne dans les Archives of Internal Medicine (AIM), publication du Journal of the American Medical Association (JAMA).
La seconde étude, publiée en ligne sur le JAMA, a été menée de 2006 à 2009 par le Dr David Graham de la FDA à partir de données médicales de 227.571 bénéficiaires du Medicare, l'assurance maladie américaine des retraités.
Les résultats montrent que l'Avandia accroît le risque de défaillance cardiaque de 25% et celui d'attaque cérébrale de 27% comparativement à l'Actos (molécule pioglitazone), un traitement de la même catégorie du laboratoire japonais Takedal'Actos.
"La FDA a déjà annoncé qu'un groupe consultatifs d'experts indépendants se réunira en juillet pour recommander ou non le retrait de ce médicament du marché", ajoutent-il dans un communiqué.
Ces deux nouvelles études ont été publiées lundi avant la tenue de cette réunion prévue les 13 et 14 juillet.
La commercialisation de la rosiglitazone a été autorisée en 1999 par la FDA pour traiter l'hyperglycémie --taux sanguin élevé de glucose-- chez des patients souffrant de diabète de type 2 ou adulte.
Le débat sur l'innocuité de cet anti-diabétique se poursuit depuis trois ans et la commission des Finances du Sénat américain a récemment publié un rapport détaillant les analyses internes de la FDA et de GlaxoSmithKline.
Le mécanisme par lequel la rosiglitazone provoquerait un problème cardiovasculaire n'est pas clairement établi, observent les auteurs de la deuxième méta-analyse. Selon eux, il pourrait accroître le mauvais cholestérol ou avoir des effets sur la production d'un enzyme lié à la rupture de plaques dans les artères.
"Les conséquences de santé publique de ces résultats sont considérables puisqu'il y a plus de 23 millions de diabétiques aux Etats-Unis et près de 300 millions dans le monde", soulignent les Dr Nissen et Wolski.
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les diabétiques, représentant environ 68% de toutes les causes de mortalité chez ces malades.
"Il existe actuellement douze médicaments sur le marché pour abaisser les niveaux sanguin de glucose dont l'insuline faisant que la rosiglitazone se justifie difficilement comme antidiabétique", concluent ces deux cardiologues.
GlaxoSmithKline a relativisé la portée de ces méta-analyses en citant dans un communiqué les résultats d'un essai clinique dit RECORD mené en Europe et qui ne montre pas d'accroissement des attaques cardiaques, cérébrale et de la mortalité chez les patients prenant de l'Avandia.
![]() | Source AFP modifié le 30/06/2010 |













