Des mutations identiques d'un même gène liées à plusieurs cancers rares
Des mutations identiques d'un même gène jouant un rôle clé dans la préservation de la santé sont liées à plusieurs formes rares de cancers de l'ovaire, de l'utérus et des testicules, révèle une étude menée au Canada et publiée mercredi aux Etats-Unis.

Source photo : Eric Piermont [AFP/Archives]
"Cette découverte montre que ces mutations modifient le fonctionnement de ce gène appelé Dicer et qu'elles le conduisent à contribuer directement à la formation de cancers", explique le Dr Gregg Morin du Centre Michael Smith sur la science du génome à l'agence du cancer de Colombie Britannique (Canada), principal auteur de l'étude.
"Le gène Dicer peut être comparé à un chef d'orchestre des fonctions vitales pour le développement et le comportement des cellules saines", explique-t-il.
"Et les mutations que nous avons découvertes ne détruisent pas totalement les fonctions de ce gène mais plutôt les modifient", poursuit-il. De ce fait, "le chef d'orchestre est toujours là, mais il agit comme quelqu'un de ivre".
Cette avancée, parue dans le New England Journal of Medicine daté du 22 décembre, "est particulièrement importante car elle pourrait conduire à des solutions pour traiter des cancers plus communs", selon l'étude.
"Etudier des tumeurs cancéreuses rares est non seulement important pour les patients eux-mêmes et leur famille mais aussi pour avoir des occasions uniques de faire des découvertes clé dans des cancers plus fréquents", ajoute le Dr David Huntsman, généticien pathologiste à la tête du programme sur le cancer de l'ovaire à l'agence du Cancer de Colombie-Britannique à Vancouver et un des auteurs de l'étude.
"Des progrès peuvent ainsi être accomplis en matière de médecine personnalisée et aussi en appliquant aux cancers plus communs ce que nous avons appris en traitant ceux qui sont peu fréquents", poursuit-il.
"La découverte des mutations du gène Dicer et leur rôle dans le déclenchement de cancers rares équivaut à trouver une aiguille, pas seulement dans une botte de foin, mais dans un grand nombre de bottes", selon ce médecin.
![]() | Source AFP modifié le 23/12/2011 |













