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Déserts médicaux: moratoire sur les propositions pour l'installation des jeunes médecins

 

Enfants et Adolescents

 

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) propose un moratoire jusqu'à l'automne sur sa préconisation très contestée de réguler l'installation des jeunes médecins pour lutter contre les déserts médicaux.

 

Un médecin consulte une patiente

Source photo : Patrick Bernard [AFP/Archives]


"Le Cnom propose un moratoire sur ces propositions et incite l'ensemble des acteurs à se réunir et à envisager des solutions", écrit-il sur son site internet.

"La prochaine assemblée générale de l'Ordre des médecins du 13 octobre en débattra", précise-t-il.

En rupture avec sa position habituelle, le Cnom avait remis en cause fin mai la liberté d'installation des médecins, préconisant de contraindre les jeunes praticiens à s'installer cinq ans dans la région où ils ont été formés, afin de lutter contre les déserts médicaux.

S'attaquant aussi aux dépassements d'honoraires abusifs, il avait proposé que ceux-ci ne dépassent pas 3 à 4 fois le tarif de la sécurité sociale, dit montant opposable.

Ces propositions, formulées à l'issue d'un séminaire des élus du conseil national, avaient aussitôt soulevé de fortes protestations, de la part des syndicats de jeunes médecins mais aussi de plusieurs conseils régionaux et départementaux de l'Ordre.

Le gouvernement lui-même s'est à plusieurs reprises prononcé pour l'incitation plutôt que la contrainte afin de pousser les médecins à exercer dans les zones sous-dotées en matière médicale.

Les recommandations du Cnom ont "levé deux tabous: celui des honoraires et celui de la régulation (...) Ces sujets interpellent l'ensemble de la profession, en particulier les étudiants, internes et jeunes médecins. Il convient d'approfondir la réflexion et ce, sans délai", souligne le Cnom.

"Les conseils régionaux et départementaux se sont saisis de ces problèmes dans leurs territoires et continueront de se concerter avec les acteurs", ajoute-t-il.

Dans un communiqué commun, les syndicats de jeunes médecins, internes et étudiants (Anemf, CSMF, Isnar-IMG, ISNIH, ISNCCA, ReAGJIR et SNJMG) ont jugé que le Cnom restait "sourd aux demandes des étudiants et jeunes médecins".

Se disant "déçues et trahies", elles estiment que "la confiance qui existait jusque-là avec le Cnom est sérieusement entachée" et "maintiennent leur totale opposition de fond et de forme aux recommandations de l'Ordre sur l'installation des jeunes médecins".

Pour Alexandre Husson, président du SNJMG (Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes), ce moratoire est "une nouvelle provocation" qui "ne remet pas en cause la proposition".

"Ils ne prennent pas du tout en compte l'aspect discriminatoire", a-t-il déclaré à l'AFP, estimant que le Cnom "cible les jeunes diplômés pour préserver les anciens".

Il regrette enfin que le Cnom lie la régulation et les dépassements d'honoraires y voyant une "manoeuvre pour préserver le secteur 2 (honoraires libres)".

AFPSource AFP
modifié le 28/06/2012