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DMLA : la prévention passe aussi par l'assiette? ou par les compléments alimentaires !

 

Ma santé

 

Depuis la première campagne d'information et de prévention, le grand public commence à connaître la DMLA, quatre lettres qui désignent une maladie de la rétine, la dégénérescence maculaire liée à l'âge. Il était temps, car actuellement on estime à 2 millions le nombre de Français touchés par cette affection, un chiffre qui devrait doubler d'ici 20 ans, en raison du vieillissement de la population. A ce jour, on ne sait pas guérir cette maladie. En revanche, la prévention repose sur des arguments très convaincants, allant du dépistage annuel à partir de 55 ans à des mesures diététiques.

 

La DMLA est une maladie neurodégénérative de la partie centrale de la rétine, appelée macula, responsable de la vision précise, celle qui est indispensable pour la lecture, l'observation des détails, la reconnaissance des visages.

Si l'on ne sait pas encore guérir cette maladie, nous avons aujourd'hui des traitements efficaces pour la stopper ou ralentir son évolution. Encore faut-il pouvoir intervenir précocement. Pour cela, le dépistage est primordial.

 

Une maladie à dépister dès 55 ans !

Cette maladie est liée à des facteurs génétiques et environnementaux et nous disposons de marqueurs sanguins et de signes précurseurs que l'on peut voir lors d'un simple examen, le fond d'?il.

Par ailleurs, l'organisation de la prévention est arrivée à un stade très avancé.

 

1.        Ainsi avant 55 ans, il convient de rechercher les facteurs de risque et de proposer des recommandations diététiques. C'est la prévention primaire. Elle vise les populations à haut risque de DMLA.

2.        Après 55 ans, le dépistage de la DMLA s'impose en prenant tous les ans un rendez-vous chez un ophtalmologiste. Les recommandations diététiques doivent être complétées si nécessaire par un traitement préventif. C'est la prévention dite secondaire.

3.        Ensuite, il existe une prévention tertiaire qui consiste, le cas échéant, à prendre en charge le second ?il.

 

En quoi consistent les recommandations diététiques ?

Les études dans ce domaine sont assez récentes, mais très rapidement, les preuves se sont accumulées.

La prévention diététique de la DMLA repose sur trois types de composants :

 

Les vitamines antioxydantes

La très grande étude qui fait référence dans ce domaine (étude AREDS sur près de 4.000 sujets) montre qu'un traitement à base de vitamines antioxydantes et de zinc (minéral qui possède également des propriétés antioxydantes) ralentit la progression de la maladie. Trois types de personnes à haut risque ont aussi pu être clairement identifiés : les fumeurs, les sujets obèses et ceux qui ont des antécédents de DMLA dans leur famille.

 

Les pigments maculaires

Dans la rétine, les pigments maculaires sont 500 fois plus concentrés que dans toutes les autres parties du corps. Par ailleurs, le risque de DMLA est diminué chez les personnes ayant les niveaux sanguins les plus élevés en lutéine et zéaxanthine. Cette constatation a été faite lors d'un second volet de l'étude AREDS, incluant aux vitamines antioxydantes et au zinc de la lutéine et de la zéaxanthine, les deux principaux pigments maculaires. Ces derniers exercent donc un effet protecteur contre la DMLA.

 

Les oméga-3

De la même façon, il a été prouvé que les oméga-3 confèrent, eux aussi, une protection vis-à-vis de la DMLA. En effet, à partir de questionnaires alimentaires, on constate que plus le niveau de consommation d'oméga-3 est élevé (et plus précisément de DHA, un des deux principaux métabolites des oméga-3), plus le risque d'aggravation est diminué.

Des études complémentaires sont actuellement en cours sur l'effet préventif des oméga-3 sur la DMLA.

 

En conclusion, dès qu'un risque de DMLA est avéré (déterminé par l'examen du fond d'?il ou en raison de facteurs de risque), il est recommandé de supplémenter son alimentation en oméga-3 et en lutéine, voire de suivre un traitement préventif complet comprenant aussi des vitamines antioxydantes.

 

Carte Blanche Santé
Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Conférence de presse SwissLife Prévoyance et Santé, 12 juin 2007.