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Douleurs chroniques: un essai de neurostimulation prometteur

 

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Certaines douleurs chroniques rebelles, comme la fibromyalgie (douleurs diffuses), pourraient être soulagées par une technique de neurostimulation, ont montré des travaux de recherche menés à l'hôpital Ambroise Paré (AP-HP), en collaboration avec une équipe Inserm.

 

Entrée de l'hôpital Ambroise Paré, le 13 mai 2005 à Paris

Source photo : Jack Guez [AFP/Archives]


Les douleurs chroniques entraînent souvent une escalade dans l'utilisation de médicaments, avec un risque d'effets secondaires importants, mais les antalgiques n'apportent pas toujours un soulagement suffisant.

Pour cette raison, la Fondation Apicil contre la douleur encourage des projets visant à évaluer des méthodes alternatives, comme la "stimulation magnétique transcrânienne répétitive", a expliqué à la presse sa présidente Nathalie Aulnette.

Il s'agit d'une méthode non-invasive et sans danger, a précisé Nadine Attal, responsable de Centre d'évaluation et de traitement de la douleur de l'hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine).

Un courant électrique est généré à travers une bobine posée sur le crâne. La stimulation cible une région spécifique du cerveau, le cortex moteur, mais se propage aux autres zones. "C'est cet influx qui provoque l'effet antalgique", a indiqué la neurologue.

Les premiers travaux sur la stimulation magnétique transcrânienne remontent aux années 80, mais son effet sur la douleur a été découvert fortuitement plus récemment.

Plusieurs études ont déjà montré des effets à court terme. L'expérience menée à Ambroise Paré vise à évaluer, pour la première fois, l'impact de séances répétées sur une année : d'une séance par jour la première semaine à une séance par mois par la suite.

Les résultats d'un essai comparatif sur 40 patientes souffrant de fibromyalgie (la moitié a reçu effectivement la stimulation, l'autre moitié une "fausse" stimulation) doivent être présentés au congrès mondial sur la douleur qui se tiendra à Montréal en août.

"Ils sont très encourageants", a déjà indiqué le Dr Attal. "Ils ouvrent une perspective thérapeutique à terme", a-t-elle ajouté, évoquant un délai de quelques années avant de pouvoir envisager de traiter effectivement des malades avec cette méthode.

"On est encore dans le domaine expérimental", a-t-elle souligné.

Pour Danielle, 56 ans, chez qui une fibromyalgie a été diagnostiquée en 2000, l'expérience a été positive. "J'ai diminué sensiblement les médicaments", a-t-elle témoigné, précisant que chez elle la stimulation avait "joué essentiellement sur le sommeil".

Caractérisée par des douleurs chroniques diffuses et une fatigue profonde, la fibromyalgie toucherait 2 à 5% de la population, essentiellement des femmes entre 30 et 50 ans.

La stimulation magnétique transcrânienne répétitive "permet probablement de réduire les médicaments à terme, mais elle ne règle pas tous les problèmes", a souligné le Dr Attal. Elle a aussi des effets "sur la composante affective de la douleur", "sur le vécu douloureux", a-t-elle précisé.

Son équipe poursuit des recherches sur d'autres types de douleurs, le syndrôme du côlon irritable (maux de ventre) et la stomatodynie (sensations de brûlure dans la bouche).

Deux autres équipes mènent en France des travaux sur cette technique, à Lyon et à Créteil.

Jusqu'à présent elle a été utilisée essentiellement pour traiter des dépressions graves, comme alternative à la sismothérapie (électrochoc).

AFPSource AFP
modifié le 09/04/2010