E. Coli à Bordeaux: l'épidémie est officiellement éteinte, place au bilan
L'épidémie de bactérie E.Coli qui avait sévi en juin à Bordeaux est considérée comme éteinte et, à l'heure du bilan, les médecins du CHU, l'agence régionale de santé (ARS) et l'institut de veille sanitaire (InVS) se félicitent de la gestion de cette crise.

Source photo : Roland Weihrauch [DPA/AFP/Archives]
"Dès lors qu'on est à deux fois la période d'incubation de 15 jours après le dernier cas déclaré qui était le 27 juin, on peut considérer qu'on est à la fin de l'épidémie", a indiqué à l'AFP Patrick Rolland, responsable en Aquitaine de l'InVS.
Mardi, l'institut de veille sanitaire allemand avait lui aussi annoncé l'extinction de l'épidémie responsable de la mort de 76 personnes en Europe (dont 50 en Allemagne), pour un total de 4.321 cas rapportés.
Un bilan final publié par l'InVS a réaffirmé que la souche à l'origine de l'épisode bordelais est de type O104 H4, génétiquement apparentée à celle responsable de l'épidémie mortelle survenue en Allemagne.
Son origine a été isolée par l'enquête de traçabilité de l'Agence européenne de sécurité alimentaire qui a conclu à la responsabilité d'un lot de graines de Fenugrec importé d'Egypte et distribué à grande échelle par un importateur allemand.
Bien qu'un seul lot ait été incriminé, la commission européenne a pris par précaution la décision de retirer du marché l'ensemble des lots importés entre 2009 et 2011.
A Bordeaux, à l'heure du bilan, on est plutôt satisfait.
Malgré de nombreuses interrogations suivant les premières heures du signalement de cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU), une maladie rare puisque deux épidémies seulement avaient été recensées jusqu'ici en France, "grâce aux retours d'expérience de l'épidémie allemande les investigations ont pu être orientées rapidement" vers la consommation de graines germées, a souligné la directrice de l'ARS, Nicole Klein.
"Au bout de 72 heures on est parvenu à identifier le lieu d'exposition commun et l'aliment commun" : des graines germées consommées sur des soupes froides le 8 juin lors d'une kermesse dans un centre de loisirs et de la petite enfance de Bègles (Gironde), a ajouté M. Rolland.
Parmi les 15 cas identifiés d'infection à l'E.Coli, 13 personnes ont consommé des graines, les deux autres cas sont dus à une transmission interhumaine dans une même famille.
Sur ces 15 cas, parmi les 24 personnes qui ont présenté des troubles, neuf ont développé un SHU, quatre ont eu des diarrhées sanglantes et deux des diarrhées simples.
Onze patients ont été hospitalisés, aucun n'est décédé. Une femme décédée durant cette période était porteuse d'une autre souche encore plus rare de l'E.Coli, la O145, et n'a pas été infectée à Bègles.
Au CHU de Bordeaux, où une étude clinique est en cours avant publication, les choix effectués dans l'urgence ont été des succès.
"On utilisait depuis deux à trois ans un médicament, le Soliris, dans le cadre d'un essai thérapeutique pour des SHU génétiques. Une étude et une note venue d'Allemagne nous donnaient des arguments favorables" à son utilisation, "nous avons décidé de l'administrer d'emblée et cela a marché", a indiqué Benoît Vendrely, docteur en néphrologie au CHU.
Aujourd'hui le Soliris "n'est pas encore le traitement recommandé pour les SHU", mais "pourra l'être en fonction des études cliniques" en cours, ajoute-t-il, assurant : "Tous les patients vont mieux" suite à ce traitement mais "ils seront surveillés pendant des mois" pour suivre d'éventuelles "séquelles neurologiques ou insuffisances rénales".
Jeudi, la dernière patiente hospitalisée, une dame de 65 ans qui avait été admise en réanimation, est sortie du service de néphrologie pour poursuivre sa rééducation au sein du CHU.
![]() | Source AFP modifié le 02/08/2011 |













