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EELV demande une enquête sur l'Agence européenne des médicaments

 

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Les députées européennes Eva Joly et Michèle Rivasi (Europe Ecologie-Les Verts) ont demandé une enquête administrative sur l'Agence européenne des médicaments (EMA) qu'elles soupçonnent de "complaisance" à l'égard du laboratoire Servier.

 

Echantillions de médicaments génériques dans les laboratoires Servier, à Gidy la Forêt

Source photo : Daniel Janin [AFP/Archives]


Parlant de "défaillance de la surveillance du médicament au niveau européen", Eva Joly, candidate à la candidature d'EELV pour la présidentielle de 2012, et Michèle Rivasi ont relevé mercredi au cours d'un point de presse que plusieurs postes clés touchant à la pharmacovigilance et à l'évaluation des médicaments au sein de l'Ema avaient été occupés par des Français.

Ainsi, le Comité des médicaments à usage humain (CHMP), commission de vigilance de l'Ema, est présidé depuis 2007 par Eric Abadie, qui fut directeur des affaires médicales du syndicat des industries pharmaceutiques avant d'occuper des postes à l'Afssaps. "Il ne peut pas crédiblement continuer à diriger ce comité", a estimé Eva Joly, qui a demandé sa démission.

De 1995 à 2000, le président du même comité était Jean-Michel Alexandre, en même temps directeur de l'évaluation du médicament à l'Afssaps. Après 2000, il deviendra, selon le rapport de l'Igas (Inspection des affaires sociales), "consultant pour l'industrie pharmaceutique, notamment pour les laboratoires Servier".

"Ce qui caractérise le conflit d'intérêt, c'est où vous voulez aller", a indiqué Eva Joly.

Les députées soulignent qu'en 1999 l'Ema a interdit toute une série de coupe-faim, "mais pas le Mediator", et qu'on a ainsi perdu "dix années" au détriment de la santé publique.

"Ce sont les trois D : les industriels décident, désinforment et diffèrent", a estimé Michèle Rivasi.

"Les représentants de l'Afssaps (agence sanitaire française du médicament) au sein de l'Ema ont-ils usé de leur influence pour éviter de nuire au laboratoire Servier ? Faut-il parler de complaisance ? De collusion ? De corruption ? De prise illégale d'intérêts ?", ont lancé, dans un communiqué commun, les deux députées européennes.

Elles ont demandé à l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), un service d'enquêtes indépendant de la Commission européenne, d'enquêter sur les éventuels conflits d'intérêts nationaux qui seraient intervenus dans l'affaire. L'Olaf se donne un mois pour accepter ou non cette demande, et son enquête durerait un maximum de neuf mois.

Les deux députées européennes ont par ailleurs regretté le manque de soutien des socialistes européens dans cette affaire, qui en restent, selon elles, à la défense des laboratoires pharmaceutiques "au nom de l'emploi".

AFPSource AFP
modifié le 17/02/2011