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Elections chez les médecins libéraux sur fond de grogne sociale

 

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Les quelque 120.000 médecins libéraux sont appelés à désigner les syndicats qui les représenteront auprès des autorités publiques de santé, des élections professionnelles scrutées par le gouvernement sur fond de grogne sociale.

 

Un médecin en consultation

Source photo : Marc Le Chelard [AFP/Archives]


Les médecins choisissent dans chaque région leurs représentants qui siègeront dans les unions régionales des professionnels de santé (URPS) face aux responsables des Agences régionales de santé (ARS), établissements publics régionaux.

Les résultats du scrutin, qui s'effectuait jusqu'à mercredi par correspondance, seront proclamés le 4 octobre.

Ces élections serviront aussi à établir la représentativité des syndicats de médecins pour négocier une nouvelle convention médicale, au niveau national, avec l'Assurance maladie.

Les rapports entre la médecine libérale et le gouvernement se sont tendus depuis 2007, les praticiens libéraux accusant ce dernier d'accorder la priorité budgétaire aux hôpitaux publics.

La tension est d'autant plus vive que le courant ne passe pas entre la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et bon nombre de ces praticiens, notamment les généralistes, qu'elle a irrités au plus haut point en les écartant de la campagne de vaccination contre la grippe A H1N1.

Un des points de focalisation de ces élections professionnelles est la loi Hôpital Patients Santé Territoires (HPST), dite loi Bachelot, qui impose de nouvelles contraintes à la profession.

Les syndicats médicaux se partagent à peu près en deux camps: ceux qui s'opposent frontalement à la loi et ceux qui n'en font pas leur unique angle d'attaque, remettant en cause aussi les pouvoirs de contrôle des caisses d'assurance maladie.

Dans la première catégorie figurent le SML (syndicat des médecins libéraux) et surtout la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), syndicat "historique", créé en 1928, ayant connu ensuite plusieurs scissions.

Rassemblant à la fois généralistes et spécialistes la CSMF était, avant Mme Bachelot, et selon ses concurrents, l'interlocuteur privilégié de la droite au pouvoir. Pour son président, Michel Chassang, les années Bachelot ont été "des années de démolition" de la médecine libérale.

La CSMF vise l'objectif d'obtenir 30% des suffrages dans les trois collèges électoraux prévus: celui des généralistes, celui des spécialistes et celui, nouvellement créé, des praticiens de plateaux chirurgicaux.

Dans l'autre camp figure MG-France (généralistes). En 2006, date des dernières élections professionnelles, il était arrivé premier dans le collège des généralistes avec 31% des suffrages.

Il a obtenu ainsi que soit incluse dans la loi HPST la notion de "médecine de premier recours" qui met en exergue l'importance du généraliste dans le système de santé.

La Fédération des médecins français (FMF), est puissante chez les spécialistes et défend les honoraires libres. Sa branche généraliste Union Généraliste (UG) est très virulente sur les contrôles exercés par les caisses de Sécu.

Pour la loi HPST, UG reconnaît à Mme Bachelot d'avoir "pour une fois écouté tous les syndicats et pas seulement la CSMF", selon son co-président Jean-Paul Hamon.

Pour le troisième collège, des syndicats de chirurgiens, d'anesthésistes et d'obstétriciens, se sont regroupés pour former Le Bloc, estimant leurs spécialités mal défendues par les autres organisations.

Bien que vivement contestée, Mme Bachelot s'est dite sereine et persuadée qu'après "le tumulte de la campagne électorale qui peut entraîner certains dérapages", elle retrouvera ses "interlocuteurs tranquilles et décidés à travailler après les élections".

AFPSource AFP
modifié le 30/09/2010