Elizabeth Taylor, une militante infatigable de la lutte contre le sida
Reine d'Hollywood, elle fut adulée par des millions d'admirateurs, mais un des legs les plus durables d'Elizabeth Taylor sera sans doute sa lutte sans relâche contre le sida.

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Elizabeth Taylor prononce un discours sur le sida à l'Assemblée générale de l'Onu à New York le 2 décembre 1996

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Décédée mercredi à 79 ans, l'actrice engagea le combat contre le sida à une époque "où seuls quelques personnes s'en souciaient", dit à l'AFP un militant de longue date, Kevin Frost.
"Elle était effarée de voir que personne ne faisait rien face à cette maladie terrible, alors elle s'est jetée dans la bataille", poursuit Kevin Frost, directeur de la Fondation pour la recherche sur le sida (amfAR), co-fondée par Elizabeth Taylor en 1985.
Elle ouvrit ainsi la marche, suivie ensuite par d'autres célébrités comme la princesse Diana, le chanteur Bono et d'autres.
Grande amie de l'acteur Rock Hudson, une des premières stars à avoir déclaré être atteint du sida, elle fut très affectée par sa mort en 1985. Peu avant son décès, elle avait déjà lancé sa campagne, signant des chèques, témoignant devant le Congrès américain, demandant plus de recherche dans ce domaine.
"Elle a amélioré la vie de millions de personnes, et sa voix continuera à être entendue par les générations futures", poursuit Kevin Frost.
Dès le début de l'épidémie, la ligne de front était constituée "de chercheurs, de militants et d'Elizabeth Taylor", souligne Kate Krauss, directrice de programme de lutte contre le sida.
Elizabeth Taylor avait rapidement compris qu'elle pouvait utiliser son immense célébrité pour mettre un visage sur la maladie. "Je voulais prendre ma retraite, mais les tabloïdes et les paparazzi me poursuivaient, alors je me suis dit: puisque vous ne voulez pas me laisser tranquille, je vais vous utiliser" pour mener la lutte contre le sida.
Le succès fut colossal. La Fondation Elizabeth Taylor a réuni 270 millions de dollars, incitant les riches et moins riches à faire des dons.
M. Frost raconte qu'elle a un jour téléphoné personnellement au président Ronald Reagan pour lui demander d'assister en personne à une conférence organisée par sa Fondation. Ronald Reagan avait accepté, mettant fin au silence sur le sida qu'il avait observé pendant les premières années de son mandat.
Elizabeth Taylor, qui a longtemps soutenu que le sida n'était pas incurable, a tout fait pour convaincre les législateurs de financer les soins pour les malades et n'a pas hésité à critiquer le successeur de Reagan, George Bush père, pour son peu d'efforts dans ce domaine. "Votre politique est mauvaise, terriblement mauvaise, et vous le savez", lui dit-elle.
En 1989, elle se rendit en Thaïlande, où le sida se propageait rapidement, pour visiter un hôpital. Une photo la montrant serrant la main d'un malade fit le tour du monde.
"Le fait de ne pas traiter les malades ou les séropositifs comme des parias, de les toucher, de les embrasser, de se faire photographier avec eux, eut un impact phénoménal", souligne M. Krauss.
L'engagement de l'actrice était "extraordinaire", dit Jeffrey Laurence, un conseiller de l'amfAR. "Elle était si passionnée, elle venait à toutes les réunions du conseil d'administration", et n'hésitait pas à aborder des sujets terre-à-terre, comme les moyens d'amener les hommes à utiliser des préservatifs.
"Bien avant que ce soit à la mode, elle était à nos côtés", a déclaré Michael Weinstein, président d'une Fondation d'aide aux malades du sida. "Elle nous manquera".
![]() | Source AFP modifié le 25/03/2011 |













