Accueil > Mag Santé > Enfants et Adolescents > En Ethiopie, les enfants somaliens arrivent parfois trop faibles pour être sauvés

En Ethiopie, les enfants somaliens arrivent parfois trop faibles pour être sauvés

 

Enfants et Adolescents

 

Rahmo Mohammed a fui la Somalie pour le camp éthiopien de Kobe à Dolo Ado, afin de sauver son fils Saeed, frappé de grave malnutrition. C'était il y a trois semaines mais l'état de santé de Saeed, trop faible pour supporter les médicaments, ne s'améliore toujours pas.

 

Des réfugiés somaliens dans le camp de réfugiés de Kobe le 19 Juillet, 2011.

Source photo : Roberto Schmidt [AFP]


Des réfugiés somaliens dans le camp de réfugiés de Kobe le 19 Juillet, 2011.

Source photo : Roberto Schmidt [AFP]


Anatomie d'un camp de réfugiés

Source photo : AFP [Infographie]


"Il va encore moins bien", constate même cette mère tout juste trentenaire. "Même s'ils lui donnent des médicaments, il ne les prend pas".

Rahmo Mohammed fait partie des milliers de Somaliens qui ont quitté leur pays, fuyant la sécheresse, la pire depuis des décennies dans la Corne de l'Afrique selon l'ONU, mais aussi ses conflits. Ce mercredi, les Nations unies ont déclaré l'état de famine dans deux régions du sud de la Somalie.

Son petit garçon de trois ans est l'un des 2.200 enfants dont s'occupe Médecins sans frontières (MSF) à Dolo Ado. Le camp de réfugiés, situé à la frontière somalienne, connaît l'un des taux de mortalité les plus élevés au monde: 7,4 décès sur 10.000 personnes par jour en juin, selon le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

"Les taux de mortalité sont très, très élevés," déplore Jo Hegenauer, coordinateur humanitaire pour le HCR. "Ils ne descendent pas encore", poursuit-il.

Son objectif est de réduire le nombre de décès par malnutrition.

Mais parmi les enfants qui atteignent Dolo Ado, beaucoup sont dans un état trop grave pour être sauvés, relève Joe Belliveau, responsable opérationnel pour MSF pour l'Ethiopie, la Somalie et le Somaliland.

"Le fait qu'ils arrivent dans un état tellement désespéré, et qu'avec une attention médicale immédiate, urgente, ils succombent tout de même montre à quel point la situation est épouvantable", commente-t-il.

Selon le HCR, le nombre de réfugiés qui affluent tous les jours est en baisse comparé à la semaine dernière. Jusqu'à 2.700 personnes étaient alors enregistrés par jour.

Mais les trois camps de la région sont pleins, un centre de transit abrite 10.000 personnes en attente d'une place plus stable et la semaine prochaine, un nouveau camp devrait ouvrir. Quelque 2.000 personnes devraient pouvoir y être envoyés tous les jours, indique Jo Hegenauer.

Quant au camp de Kobe, il fonctionnait déjà à pleine capacité trois jours après son ouverture, fin juin. Mais les réfugiés continuent tout de même de le rejoindre.

Raho Jimale, mère de trois enfants, est arrivée lundi épuisée de Somalie, après une semaine de marche.

"Nous n'avions rien à manger, nous avions besoin de manger quelque chose", dit-elle.

Sa famille avait perdu sa récolte, son troupeau de chèvres avait été décimé. Son mari était parti trois mois plus tôt pour chercher de l'eau, mais n'est jamais revenu. Elle-même n'a pas eu d'autre choix que de prendre la route avec ses enfants.

"C'était une décision difficile", admet-elle, s'agrippant à une ration de biscuits à forte valeur nutritive.

A Kobe, beaucoup de réfugiés construisent eux-mêmes des abris de fortune en arrivant. Des chiffons étendus sur des branches. Certains doivent aussi se démener pour obtenir les médicaments et l'aide dont leur famille a besoin.

Sonto Hussein a dû laisser son mari infirme derrière elle en Somalie. Cette mère de cinq enfants berce son fils atteint de diarrhée.

"Il est toujours malade parce qu'il manque de médicaments", déplore-t-elle.

AFPSource AFP
modifié le 20/07/2011