Un bébé couché près de sa tétine
Source photo : Martin Bureau [AFP/Archives]
La surdité de naissance est d'à peu près 1,1 à 1,2 pour mille, selon René Dauman, professeur d'ORL au CHU de Bordeaux, qui a présidé le groupe de travail de la HAS sur l'accompagnement des familles et le suivi de l'enfant sourd de 0 à 6 ans. Si l'on y ajoute les surdités qui se développent dans les deux premières années, il y a en France environ 2000 enfants sourds par année d'âge.
La surdité est souvent due à des facteurs génétiques, mais les facteurs sociaux -tels que pauvreté et mauvaise hygiène de la femme enceinte- jouent leur rôle.
Selon les spécialistes, ces enfants sourds sont souvent diagnostiqués trop tardivement, et l'on découvre encore des enfants sourds profonds à 2 ans et demi ou 3 ans.
L'objectif, c'est que l'enfant sourd soit inséré socialement "le plus tôt possible", a noté devant la presse le Pr Laurent Degos, président de la HAS. Pour ce faire, la précocité du diagnostic est "essentielle".
Si le jeune enfant sourd peut être dépisté juste après sa naissance, comme c'est le cas dans moins de la moitié des maternités, le diagnostic peut être établi à 3/4 mois et un programme d'intervention précoce doit pouvoir être proposé avant l'âge de 1 an.
Deux approches sont proposées : soit une stimulation importante de l'approche auditive -avec audioprothèse- pour favoriser l'acquisition du français parlé, soit une méthode dite "bilingue", mêlant l'acquisition du français parlé et l'apprentissage de la langue des signes française (LSF).
En tout état de cause, le niveau de langue parlée sera meilleur si la stimulation auditive intervient avant l'âge de 2 ans, estime la HAS, et celui de langue des signes si l'apprentissage est commencé avant 5 ans.
Dans certains cas particuliers, on peut proposer entre 1 et 2 ans un implant cochléaire, même si, selon le Pr Dauman, "l'emfant implanté reste un enfant sourd", dont la compréhension "se dégrade fortement" quand le bruit monte.
Pédiatre, orthophoniste, psychomotricien, ORL, "tous les professionnels doivent s'impliquer dans le processus" et informer au mieux les parents, a insisté le Pr Dauman.
Un guide pratique publié par l'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) est téléchargeable sur son site.