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Etats-Unis: la bataille autour de la pilule du lendemain s'intensifie

 

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La bataille autour de la pilule du lendemain, qui oppose pro et anti-avortement depuis dix ans aux Etats-Unis, est revenue sous les feux de l'actualité ces derniers jours, après le refus du gouvernement d'en faciliter la vente aux adolescentes de moins de 17 ans.

 

L'enseigne d'une pharmacie en Floride

Source photo : Joe Raedle [Getty Images/AFP/Archives]


A l'issue d'une audience sur le sujet devant un juge de Brooklyn (New York) mardi, des défenseurs du droit à l'avortement ont annoncé leur intention de poursuivre l'administration Obama et l'Agence américaine des médicaments (FDA). Ils les accusent de violer les droits constitutionnels des moins de 17 ans en leur refusant l'achat sans ordonnance de la pilule du lendemain.

Cette menace marque une escalade dans la bataille menée depuis plus de dix ans par les partisans de la vente en rayon de ce médicament.

Le 7 décembre, la FDA a finalement refusé de donner au laboratoire Teva Pharmaceuticals l'autorisation de vendre sa pilule, Plan B One-Step, sans ordonnance aux moins de 17 ans. Cette décision, à laquelle la FDA elle-même n'était pas favorable, lui a été imposée au dernier moment par la ministre de la Santé, Kathleen Sebelius.

Elle avait suscité l'ire des défenseurs du droit à l'avortement. "Il n'y a rien de rationnel dans cette décision", avait ainsi dénoncé Kirsten Moore, présidente de Reproductive Health Technologies Project, jugeant "choquant que cette administration ait laissé la politique prendre le dessus sur la science".

Le président Obama, père de deux filles, a salué de son côté une décision "de bon sens". "D'après ce que j'ai compris, la raison pour laquelle Kathleen (Sebelius) a pris cette décision est qu'elle ne pouvait pas permettre qu'une (fille) de 10 ou 11 ans puisse acheter, à côté des chewing-gums et des piles électriques, des médicaments qui pourraient avoir des effets indésirables. Je pense que la plupart des parents sont du même avis", avait déclaré le président.

"Cette bataille est loin d'être finie", a estimé mardi Nancy Northup, présidente du Center for Reproductive Rights. "Nous allons lancer toutes les actions judiciaires nécessaires pour que la FDA et l'administration rendent des comptes sur les actions qu'elles mènent pour empêcher les femmes d'avoir accès à une contraception d'urgence sûre et efficace", a-t-elle ajouté.

A la différence d'une précédente plainte, qui ciblait uniquement la FDA, celle-ci devrait également viser la ministre de la Santé en raison de la décision rendue le 7 décembre, a précisé Mme Northup.

Signe que le débat s'enflamme, 14 sénateurs --13 démocrates et un indépendant-- ont également demandé mardi à Mme Sebelius de préciser "les fondements scientifiques de sa décision".

"Nous vous demandons de partager avec nous la logique et les données scientifiques sur lesquelles vous vous êtes appuyée pour prendre la décision d'imposer votre choix à la FDA", ont-ils écrit.

La pilule, contraception d'urgence qui permet de réduire le risque de grossesse 72 heures après un rapport sexuel, n'est pour l'heure vendue que sur ordonnance aux moins de 17 ans. Au-delà de cet âge, elle est en vente libre.

AFPSource AFP
modifié le 19/12/2011