Etats-Unis: la recherche publique sur les cellules embryonnaires en question
La cour d'appel fédérale de Washington est apparue divisée lundi sur l'opportunité de suspendre temporairement la recherche sur les cellules souches embryonnaires financée par des fonds fédéraux, très prometteuse selon les scientifiques.

Source photo : Spencer Platt [AFP/Getty Images/Archives]
Pendant plus d'une heure, trois juges de la cour d'appel ont interrogé l'avocate de l'administration Obama assurant que l'intérêt public subirait un "préjudice irréversible" si la recherche s'arrêtait.
Les trois juges ont aussi interrogé l'avocat de deux scientifiques travaillant sur des cellules souches non-embryonnaires et des groupes chrétiens conservateurs contestant l'utilisation de fonds publics alors que la recherche conduit à la destruction d'embryons.
La question de l'origine du financement de la recherche sur les cellules souches embryonnaires que les scientifiques présentent comme déterminante dans le traitement de maladies comme le diabète, Alzheimer ou Parkinson, est au centre d'une polémique judiciaire aux Etats-Unis depuis fin août.
Un juge fédéral de première instance a en effet décidé de suspendre l'utilisation de fonds publics parce que ce type de recherche entraînait la destruction d'embryons.
Pour les plaignants, l'embryon est déjà un être humain à part entière. Ils s'appuient sur l'amendement Dickey-Wicker qui interdit d'utiliser des fonds fédéraux pour mener des recherches conduisant à la destruction d'un embryon humain.
"La recherche subira un préjudice irréversible qui durera des années", a déclaré Beth Brinkmann, au nom de l'administration, répondant au scepticisme du juge Thomas Griffith, nommé par George W. Bush, sur la possibilité que la totalité des sommes investies - des centaines de millions de dollars - soit entièrement perdue.
Paraissant perplexe face aux arguments de l'administration, le juge Brett Kavannaugh, également nommé par M. Bush, a cependant rappelé à plusieurs reprises que l'amendement Dickey-Wicker était vague notamment parce qu'il n'avait pas été voté en liaison avec la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
"Cet amendement a été adopté dans le cadre d'une autre question: la recherche sur les embryons vivants", a-t-il rappelé. "De quelle recherche parle le Congrès" quand il vote cet amendement ?, a renchéri la juge judith Rogers, nommée par l'ancient président démocrate Bill Clinton.
Pour Thomas Hungar, avocat des plaignants, "l'argent qui ne peut être dépensé pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires peut être redéployé dans d'autres domaines de recherche".
L'utilisation de fonds fédéraux pour financer la recherche sur les cellules souches embryonnaires a repris en 2009, une des premières décisions du président Barack Obama à son arrivée à la Maison Blanche, après avoir été interdite en 2001 par son prédécesseur pour des raisons morales et religieuses.
Les cellules souches embryonnaires ont, selon les chercheurs, un potentiel médical énorme parce qu'elles ont la capacité de devenir n'importe quelle cellule de l'organisme avec un meilleur potentiel pour réparer des organes malades que celui des cellules souches adultes.
![]() | Source AFP modifié le 29/09/2010 |













