Etiquetage des aliments: nouvelles règles pour "acheter plus sain" dans l'UE
L'UE s'est dotée mercredi de nouvelles règles censées aider les consommateurs à "acheter sain" avec des étiquettes plus informatives sur les teneurs en graisses ou l'origine des aliments, jugées toutefois décevantes par certaines associations.

Source photo : Bertrand Langlois [AFP]
La nouvelle réglementation améliorera la lisibilité des étiquettes grâce à l'emploi de caractères plus gros. Elle permettra de connaître l'origine des ingrédients, leur valeur énergétique, la quantité de lipides, d'acides gras saturés, de glucides, de sucre, de protéines et de sel.
Le texte, issu de trois ans de laborieuses négociations avec les Etats membres, a été largement approuvé par les eurodéputés. Il pourra donc formellement entrer en vigueur d'ici la fin de l'année, mais les professionnels de l'agro-alimentaire auront trois à cinq ans pour s'y conformer.
Le texte ne retient pas le principe d'une signalisation à la manière des "feux tricolores" (qui consiste à caractériser en rouge, orange ou vert la teneur en sucres ou graisses), telle qu'elle existe déjà au Royaume-Uni par exemple. Plusieurs Etats membres se sont en effet ralliés au point de vue de l'industrie agro-alimentaire pour la refuser. Ce point a été critiqué par le Bureau européen des Unions de consommateurs (BEUC).
Le commissaire à la protection des consommateurs, John Dalli, a reconnu que le texte aurait pu aller plus loin: il a notamment regretté que les industriels pourraient se contenter de faire figurer les informations nutritionnelles sur les côtés ou à l'arrière des emballages, plutôt que sur la face avant, et que les boissons alcoolisées ne soient pas concernées par cette réglementation.
Pour l'ONG allemande "Foodwatch", qui défend les consommateurs face aux industries agro-alimentaires, le texte approuvé mercredi "n'apportera que peu de progrès pour les consommateurs". "La tricherie sur les étiquettes va continuer", et "l'industrie alimentaire s'est imposée sur pratiquement tous les points" litigieux, juge-t-elle dans un communiqué.
A l'inverse, les représentants des industries agro-alimentaires ont fait part après le vote de leur "satisfaction".
La nouvelle réglementation prévoit que les étiquettes devront également mentionner la date de congélation, l'addition d'eau dans le poulet ou le poisson, l'addition de protéines d'autre origine animale et la présence de "produits d'imitation" comme les substituts de fromage.
Les emballages ne pourront pas non plus donner faussement l'impression que le produit contient un ingrédient qui en fait n'entre pas dans sa composition: "Si un yaourt porte une image de fruits, il faut qu'il contienne des fruits, et pas seulement des colorants ou des arômes", a résumé la rapporteur du texte, la conservatrice allemande Renate Sommer.
La liste des ingrédients doit en outre permettre une information sur la présence de substances allergènes. Quatorze substances sont aujourd'hui identifiées comme telles, mais d'autres pourraient être ajoutées.
Ces informations valent également pour les denrées alimentaires non emballées, notamment pour les plats des restaurants et des cantines.
Le pays d'origine sera obligatoirement mentionné sur les étiquettes pour les viandes fraîches --porc, volaille, mouton et chèvre--, comme c'est déjà le cas pour la viande de boeuf depuis la crise de la "vache folle".
![]() | Source AFP modifié le 08/07/2011 |













