Face aux troubles musculo-squelettiques, "pas de solution miracle"
"Il n'y a pas de solution miracle" face aux troubles musculo-squelettiques (TMS) qui affectent de nombreux salariés, mais les employeurs doivent s'en préoccuper pour éviter la "faute inexcusable", explique Lionel Groléas, inspecteur du travail, dans un entretien à l'AFP.

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Un employé du fabricant de portes Janneau, qui pratique la prévention des TMS, au travail le le 4 avril 2008

Source photo : Frank Perry [AFP/Archives]
Les TMS, qui entraînent douleurs articulaires et gêne fonctionnelle, représentent actuellement "80% des maladies professionnelles reconnues", et "par la force des choses" les employeurs sont obligés d'en prendre conscience, affirme cet inspecteur du travail de l'Isère.
Face à l'augmentation constante de ces pathologies (+18% par an depuis 10 ans), le gouvernement français a lancé une campagne de sensibilisation pour tenter de stabiliser ce chiffre d'ici quatre ans.
Les TMS les plus courants sont le syndrome du canal carpien, qui affecte le poignet, les tendinites de l'épaule et du coude, les lombalgies.
Mais "il n'y a pas de solution miracle", explique M. Groléas: "on ne peut pas traiter les TMS de la même façon que les autres risques que l'on rencontre normalement dans les entreprises".
Car comme l'amiante, c'est une pathologie "à effet différé". Et même si on n'en meurt pas, les TMS peuvent entraîner des invalidités permanentes.
De plus leurs causes sont multiples. "Ce n'est pas simplement le fait de soulever des charges qui génère les TMS, de nombreux facteurs peuvent les provoquer", insiste-t-il, citant le stress, l'organisation du travail, l'ergonomie du poste de travail, la manutention, la température, le bruit ou encore l'espace de travail.
Sans compter le vieillissement de la population et l'intensification de la productivité, des "terreaux pour le développement de cette pathologie".
"Les employeur doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas résoudre la problématique des TMS par une seule action", insiste l'inspecteur du travail, qui les incite à mettre en oeuvre une "démarche de prévention".
Pour cela, il se rend sur le terrain, contrôle les postes de travail, regarde le nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles.
"L'employeur doit prendre conscience que c'est dans son intérêt, pour la santé des salariés et parce que cela a un coût économique", explique-t-il en rappelant qu'en 2008, "8,4 millions de journée de travail ont été perdues à cause des TMS".
Son "meilleur allié", c'est la jurisprudence d'une condamnation pour "faute inexcusable", qui "fait plus peur à un employeur qu'un hypothétique PV transmis au procureur de la République".
Le code du travail oblige en effet l'entreprise à assurer la santé physique et mentale de ses salariés, avec une obligation de résultats.
En février, la cour d'appel de Grenoble a ainsi reconnu la "faute inexcusable" d'une entreprise de prêt-à-porter, qui n'avait pas pris de mesures suffisantes pour empêcher qu'un de ses salariés, obligé de travailler les bras en l'air, ne développe un TMS à l'épaule.
Parmi les bons élèves, M. Groléas cite un "grand groupe" de logistique de son département, qui lors de son déménagement, "a réfléchi en amont aux TMS pour mettre en place ses équipements de production et de manutention. Il n'a pas pensé qu'à la productivité, mais aussi à comment limiter la pénibilité et augmenter la compétence professionnelle de ses salariés".
Car "l'intérêt psychologique du travail est aussi facteur de TMS". Si vous vous n'avez pas l'impression d'être utile dans votre emploi, ça peut générer un stress, qui peut entraîner des TMS", explique-t-il.
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