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Fessées à 3 ans, agressivité à 5 ans !

 

Ma santé

 

Les châtiments corporels infligés par les parents à leurs enfants comme outil éducatif sont encore bien ancrés en France. Cette nouvelle étude confirme à nouveau, qu'en réalité, les fessées induisent ou aggravent les troubles du comportement.

 

Près de 2.500 couples mère/enfant ont été suivis durant 2 ans. En début d’étude, les enfants avaient 3 ans. Les mères ont indiqué si elles avaient ou non recours à la fessée et à quelle fréquence. Ainsi, dans le mois précédant leurs 3 ans, 46% des enfants n’avaient pas reçu de fessées, 28% une à deux fessées et 26% plus de deux fessées.

Cinq ans plus tard, l’agressivité des enfants a été évaluée. Ceux qui avaient reçu à 3 ans plus de deux fessées avaient deux fois plus de risques de faire partie du groupe des enfants les plus agressifs, par rapport à ceux qui n’avaient pas été fessés. Ce risque est de 1,4 pour ceux qui ont reçu une ou deux fessées à 3 ans. Après avoir écarté les facteurs connus pour accroître l’agressivité (niveau d’agressivité de base de l’enfant, sexe de l’enfant, maltraitance, dépression maternelle, alcoolisme parental, violence conjugale…), la relation entre le niveau d’agressivité et plus de 2 fessées persiste.

En conclusion, les châtiments corporels comme les fessées sont aussi inutiles que nocifs. Il est important de convaincre les parents de cette réalité. Même une petite fessée de temps en temps n’a pas d’intérêt éducatif. Il existe des punitions « non violentes » comme la mise au coin. Doit-on interdire la fessée par une loi ?

 

Carte Blanche Santé
Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Taylor C. et coll., Pediatrics, 125 : e1057-63, 2010.Source image : Fotolia