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Français, encore un petit effort pour avoir une bonne alimentation !

 

Nutrition

 

Il suffirait de "pas grand chose" pour que les Français parviennent à l'équilibre nutritionnel, selon des chercheurs de l'Inra qui ont réalisé une classification des aliments et prônent l'apposition d'un logo sur les meilleurs, afin de mieux s'y retrouver au supermarché.

 

Des consommateurs choisissent de la viande dans un supermarché

Source photo : Gabriel Bouys [AFP/Archives]


Dans un supermarché

Source photo : Rémy Gabalda [AFP/Archives]


Sur un marché

Source photo : Pascal Pavani [AFP/Archives]


Comme le soulignent ces chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique, le consommateur est souvent démuni pour choisir entre yaourt et dessert lacté ou pour "se faire une idée de la qualité nutritionnelle de produits composés de plusieurs groupes alimentaires, tels que les plats préparés ou les snacks", souligne Nicole Darmon, de l'Université Aix-Marseille, qui a conduit l'étude.

Elle cite la pizza dont la quantité et la qualité des nutriments -féculents, légumes, oeufs, poisson, viande, fromage, huile, sel, etc- peuvent différer selon la recette appliquée.

Les chercheurs, dont les travaux viennent d'être publiés dans le British journal of nutrition, ont développé une méthode permettant de définir un profil nutritionnel des aliments absorbés et un régime alimentaire idéal.

Ils ont utilisé pour ce faire un système mis au point précédemment, qui classe les aliments selon leurs vertus nutritionnelles. Le profil SAIN correspond à une richesse en nutriments protecteurs tels que vitamines, minéraux, fibres et acides gras essentiels, le profil LIM à la présence en nutriments à éviter, tels que sodium, sucres ajoutés et acides gras saturés.

A partir de là, ils ont réparti les aliments en quatre classes, de la classe 1 -riches en bons nutriments et pauvres en mauvais (tels que fruits, légumes, poissons)- à la classe 4 -trop chargés en nutriments mauvais et pas assez en bons (tels que beurre, charcuteries grasses, confiture, boissons sucrées...). Il y a deux classes intermédiaires.

Le système permet de classer tous les aliments y compris les plus élaborés, tels que snacks, plats cuisinés, viennoiseries... Les huiles sont en général classées dans le groupe 3 (et non 4), du fait de la présence de lipides intéressants, de même que le gruyère, riche en calcium mais aussi en acides gras saturés et en sel, note Mme Darmon.

Sur la base de ce classement, les chercheurs ont passé au crible les données d'une étude de 1999 sur les consommations alimentaires de 1.171 adultes. "Quand nous avons lancé notre étude nous n'avions pas de données plus récentes, mais nous avons vérifié, rien n'a changé", dit la chercheuse.

Ils ont établi alors que la moitié en poids de ce que les gens consommaient appartenait à la classe 1, et un tiers à la classe 4.

Ils ont défini aussi des régimes "optimisés", définis en fonction des recommandations nutritionnelles. Là, la part de la classe 1 atteignait près des 2/3 de la consommation, celle de la classe 4 baissait de 33% à 20%.

"Il suffirait de pas grand chose pour avoir une alimentation de bonne qualité nutritionnelle", estime Nicole Darmon, pour qui "l'équilibre nutritionnel n'est pas très loin de nos habitudes".

Pour le prochain Plan national nutrition santé (PNNS) 2011-2015, 31 sociétés savantes et des experts en nutrition ont suggéré l'apposition d'un logo facilement identifiable sur les aliments les plus favorables à l'équilibre alimentaire, "classe 1 ou proche". Le classement pourrait être affiné en fonction de la catégorie d'aliments.

Cela aiderait les consommateurs au moment de l'achat, et pourrait "inciter les industriels à reformuler leurs produits pour pouvoir bénéficier du logo", estime Mme Darmon. En Australie et en Nouvelle-Zélande, l'apposition d'un logo a contribué à diminuer la quantité de sel des produits.

AFPSource AFP
modifié le 09/05/2011