Fumoirs: la veuve de Bernard Loiseau attaquée par les antitabac
Assignée par une association antitabac, la veuve de Bernard Loiseau a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris pour défendre les fumoirs du restaurant Tante Marguerite, l'une des principales tables politiques parisiennes, et du relais de Saulieu (Côte d'Or).

Source photo : Fred Dufour [AFP]
Dominique Loiseau, le 2 décembre 2003 à Paris

Source photo : Joel Robine [AFP/archives]
L'association Droit des non fumeurs (DNF) lui reproche d'avoir aménagé dans ces deux établissements des salons où il est possible à la fois de fumer et de consommer, enfreignant à ses yeux la loi antitabac entrée en vigueur en 2008.
DNF dénonce en outre la publicité qui avait été faite pour ces salles, notamment sur les sites internet du groupe.
Cette publicité, aujourd'hui modifiée, vantait la possibilité de "déjeuner ou dîner en toute quiétude, et s'adonner au plaisir de fumer" dans les deux salons privés de Tante Marguerite, restaurant situé à deux pas de l'Assemblée nationale.
Elle présentait comme "un hâvre de paix pour les amateurs de cigares" le relais de Saulieu, dont le restaurant a trois étoiles au Michelin.
Pour sa défense, Dominique Loiseau a fait valoir que les serveurs n'ont "pas le droit" d'entrer dans ces fumoirs, dûment aménagés avec extracteurs d'air. Ils ne peuvent y pénétrer qu'une heure après le départ des clients, une fois l'air purifié.
Chez Tante Marguerite, le client, qui communique avec le personnel par "talkie-walkie", prend lui-même sa commande sur un passe-plats, a-t-elle expliqué.
Au relais Bernard Loiseau de Saulieu, le serveur qui amène café ou cognac sonne à la porte du fumoir, et le client vient chercher sa consommation à la porte, a ajouté la veuve du célèbre chef cuisinier, qui s'est suicidé en février 2003.
L'objectif de la loi, qui est de protéger la santé des salariés, est ainsi respecté, a argumenté son avocat, Me François Martineau.
Tout comme le sont à ses yeux l'interdiction de toute "prestation de service" dans les salles aménagées pour les fumeurs, et la limitation de leur superficie à "20% de la superficie totale du restaurant".
"On a quelquefois l'impression qu'on se bat contre des moulins à vent", a regretté pour sa part l'avocat de DNF, Me Pierre Mairat. Se basant sur une circulaire publiée après le décret Bertrand, l'association, qui demande 20.000 euros de dommages et intérêts, maintient que les fumoirs doivent être réservés à "la seule" consommation du tabac.
Tante Marguerite est fréquenté par "des députés qui ont pu, quelques heures auparavant dans l'hémicycle, dire tout le mal qu'ils pensent du tabac, puis se vautrent dans ces salons!", s'est-il indigné.
DNF conteste également la possibilité d'utiliser alternativement ces fumoirs pour des fumeurs et non fumeurs, sous prétexte que l'extraction d'air a fonctionné pendant une heure entre-temps. "Bientôt on aura un bureau de travail qui devient fumoir à certaines heures, ou une salle de repos avec des horaires pour fumeurs et non fumeurs!", a-t-il protesté.
Le parquet n'a pas fait de réquisitions, disant ne pas avoir les moyens de "faire les vérifications nécessaires".
Jugement le 10 mars.
![]() | Source AFP modifié le 13/01/2011 |













